Olivier Harkati " Les chimères de l'alliance au centre s'éloignent "
Élu en novembre dernier dans le Puy-de-Dôme, Olivier Harkati (34 ans) est aujourd'hui le plus jeune secrétaire fédéral du Parti Socialiste en France. Il évoque les difficultés et les perspectives de son parti.
INFO : Le score n'a pas été exceptionnel pour le PS lors des dernières européennes. A Clermont, l'UMP vous a même devancés. Comment analysez-vous ce résultat ?
OLIVIER HARKATI : C'est assez inquiétant. Malgré l'engagement important des militants, nous n'avons pas su convaincre notre base. Il est vrai que nous avons été absents du débat sur les préoccupations écologiques. Si l'on ajoute la très forte abstention, cela donne évidemment un score préoccupant : seulement 20% des électeurs du Puy-de-Dôme ont voté pour nous. Cela dit, il faut nuancer, il ne s'agissait pas d'une élection municipale. J'ajoute que le total des voix des gauches dans la région reste très encourageant.
I : Clans, éléphants, manque d'idées : la crise paraît profonde chez les socialistes…
OH : On est en crise identitaire autour de la question : qu'est-ce qu'être socialiste en 2009 ? Quel rapport devons- nous avoir au capitalisme, à la croissance, aux questions sociales, à l'Europe ? Pour sortir de cette situation, je milite fortement pour des pri-maires. Les choses avancent toutefois : nous nous tournons ainsi clairement vers des solutions de redistribution des richesses. Les chimères de l'alliance au centre s'éloignent. Je m'en félicite…
I : Quel sera le rôle de la fédération durant les prochaines élections régionales ?
OH : les quatre fédérations départementales sont regroupées dans un comité régio-nal, sensé animer la campagne et délivrer des propositions programmatiques. Nous sommes déjà tournés vers cette échéance…
I : La gauche dispose de tous les pouvoirs locaux : région, département, ville, ag-glomération. Et pourtant il y a de la friture sur la ligne. Que pensez-vous de ces querelles intestines ?
OH : Les gens attendent autre chose de nous que des tiraillements personnels, des comportements d'enfants gâtés. J'en appelle donc à la raison de chacun. Cette situa-tion prouve qu'au plan local, comme au plan national, nous avons besoin de renouvel-lement. Une autre génération doit émerger aux côtés de nos aînés, bien-sûr. Je suis d'ailleurs confiant pour les prochaines régionales où nous saurons faire appel à la diversité, la féminisation, lors de listes plurielles.
I : Où en est-on de la situation de scission au sein du Conseil Général ?
OH : Je m'inscris dans une perspective de rassemblement des socialistes avant, peut-être, de réaliser l'union des gauches. Aujourd'hui, cela semble porter ses fruits. Des voix importantes, celles d'Odile Saugues, de Serge Godard, de parlementaires, se sont prononcées pour le rassemblement. A mes yeux, la situation n'a rien de désespé-rée.
I : Une réflexion sur le plan social chez Michelin ?
OH : Je me suis rendu au comité d'entreprise il y a un peu plus d'un mois. Les mani-festants y avaient été traités de manière ignoble. Et surtout, Michel Rollier, le patron, promettait alors qu'il n'y aurait pas de plan social. Aujourd'hui, la réalité, c'est la sup-pression de 1093 emplois alors que l'on aurait pu imaginer la solidarité des action-naires…
I : Un mot sur la France de Sarkozy ?
OH : Sarko est simplement en train de solder l'héritage de la gauche au pouvoir : ce-lui de 36, de 81 et aussi de 97 sous le gouvernement Jospin.
Entretien Marc FRANÇOIS.
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CV express
1955
Naissance au Puy-en-Velay d'une mère française de souche et d'un père algérien harki.
1999
Devient assistant social.
2002
Adhère au Parti Socialiste au lendemain de l'élection présidentielle2003
Élu secrétaire de section dans le quartier des Salins.
2005
Devient n°2 de la fédération départementale et secrétaire aux élections.
2008
Est élu à la surprise générale premier secrétaire de la fédération du Puy-de-Dôme après avoir soutenu la motion Benoît Hamon lors du congrès de Reims.
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