Les morts inutiles
Il faut lire cet ouvrage, écrit par François Wetterwald, chirurgien, résistant dès octobre 1940, et déporté au camp de Mauthausen, puis à celui d'Ebensee en Autriche. L'ancien animateur du réseau " Vengeance ", réseau démantelé en janvier 1994 sur dénonciation de collaborateurs infiltrés, a commencé à prendre des notes durant sa détention. Il a continué à son retour durant sa longue hospitalisation à l'hôpital Cochin de Paris.
C'est un texte court, terrible, profondément humaniste, qui relate la vie quotidienne dans les camps nazis, repoussant sans cesse les limites de la condition humaine. Le chirurgien effectue son travail dans des conditions impossibles, et réalise pas moins de 682 opérations à mains nues, avec du matériel de fortune !
Dans l'introduction, Thierry Féral, universitaire clermontois et directeur de la collection " Allemagne d'hier et d'aujourd'hui " aux éditions l'Harmattan, explique que ce texte fut une première fois publié en 1946, aux éditions de Minuit, nées de la Résistance. " Malheureusement l'ouvrage allait être mis immédiatement au pilon sur intervention de Louis Aragon (l'un des fondateurs), qui ne tolérait pas qu'un texte sur la déportation ne rende hommage au parti communiste… Douloureusement affecté par cette bassesse inattendue, François Wetterwald se cantonnera dès lors dans son activité chirurgicale. Médaillé de la Résistance, commandeur de la légion d'honneur, il participera à la création de l'association nationale des médecins déportés et internés de la résistance, dont il sera secrétaire général, puis président d'honneur, jusqu'à sa mort en 1993 ".
" Les morts inutiles ", de François Wetterwald, paru aux éditions de l'Harmatan.
J-J.A.
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