Archéologie Le point sur les dossiers brûlants
Au cours d'une conférence de presse fleuve, qui a duré 2h30 (!), les responsables de la DRAC ont fait le point sur les dossiers brûlants de l'archéologie en Auvergne.
" L'éviction de Matthieu Poux de l'oppidum de Corent, et celles de l'équipe de Dominique Alios (universitaire Rennais interdit de fouilles à Murol), Trémonteix, l'affaire de la place du Clauzel au Puy-en-Velay (entre 250 et 300 sépultures du haut Moyen-Âge récemment passées à la pelle mécanique, lors de travaux en centre ville)… Autant de sujets qui fâchent ont animé la longue conférence de presse de Laurent Heulot, directeur régional des Affaires culturelles, et Frédérik Letterlé, conservateur de l'archéologie en Auvergne.
" C'est malheureux que des sépultures nous aient échappé, mais d'un point de vue scientifique, ce n'est pas dramatique ", a constaté ce dernier, à propos des tombes détruites au Puy, avant de déclarer ce dossier clos. S'agissant des fouilles de Trémonteix, à Clermont-Ferrand, sur lesquelles les autorités archéologiques se sont montrées très discrètes, le conservateur explique : " Nous avons reçu le rapport de l'Inrap Institut national de recherches archéologiques début juillet, et l'avons renvoyé car insuffisant pour décider des mesures à prendre. Nous voulons savoir quels vestiges sont identifiés, et à quelle profondeur, avant d'autoriser le chantier (un lotissement de 600 logements), ou de modifier le projet ".
Trémonteix, Corent, Murol…
Frédérik Letterlé a confirmé que des céramiques, ossements, silex, et autres objets métalliques, datant du néolithique, de l'âge du bronze, de l'âge du fer (du 1er âge du fer), ainsi que du gallo-romain, ont été trouvés à Trémonteix. Les compléments du rapport de l'Inrap doivent être examinés par la Cira- Commission interrégionale de la recherche archéologique début septembre. Situé au pied des Côtes de Clermont, le site de Trémonteix est à l'origine du peuplement de Clermont-Ferrand.
Pour Murol, la réponse est nette : " on ne se précipite pas sur un site pour faire des trous. Il faut d'abord rechercher dans les archives, dresser des plans, des surélévations, rédiger un rapport, et les fouilles ont lieu pour répondre à des interrogations ". S'agissant de Matthieu Poux, évincé de Corent, Laurent Heulot, directeur régional des Affaires culturelles, dément qu'il ait été " éjecté " : " Il n'est pas excommunié. Cette décision est momentanée. Il faut prendre du temps pour faire le point. On diffère simplement un processus de recherche ". Frédérik Letterlé précise: " il n'y a pas de rivalité de chercheurs, et Matthieu Poux ne paie pas ses propos sur Gergovie. L'an prochain nous ferons de nouveau le point, s'il a envie de renouer le dialogue "…
Mais rien n'est moins sûr. L'universitaire lyonnais qui fouillait en 2001 des vestiges gallo-romains au mis à jour, année après année, une métropole gauloise (très vraisemblablement la capitale arverne ). Et c'est à Corent et nulle part ailleurs. Ses recherches en outre, remettent en cause la théorie sur le peuplement des oppida, chère à Vincent Guichard, directeur du Centre archéologique européen de Bibracte, et président de l'Arafa- Association pour la recherche sur l'Âge du Fer en Auvergne…
Frédérik Letterlé a cependant annoncé : " une subvention équivalente aux années antérieures est proposée à Mathieu Poux, pour continuer ses recherches à Corent, mais sans fouilles ". Le prix de la médiatisation ?
J-J.ARENE
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