Zapping 19 oct.-09
En choisissant de récompenser Barack Obama, le jury du Prix Nobel de la Paix a créé un précédent. Plutôt que de privilégier des actes, il a mis en avant des intentions. Plutôt que de saluer une œuvre, il a exhalé un espoir.
On ne pouvait qu'applaudir à l'élection du premier président noir américain. Doit-on, pour autant, se réjouir aveuglément de sa " sacralisation " par les Nobel ? En seule-ment quelques mois, Obama a certes affiché des convictions, tenu des discours comme celui du Caire, en Égypte. Il a témoigné d'une volonté de " tendre la main " et de son ouverture sur le tiers monde. Il a aussi infléchi l'attitude américaine envers l'Iran d'Ahmadinejad, effectué un geste à l'encontre de la Corée du Nord. Mais le monde se porte-t-il vraiment mieux depuis son arrivée à la Maison Blanche ?
Efficacité symbolique
D'un autre côté, Barack Obama est aussi un président de guerre. " Sa " guerre se tient en Afghanistan, sur fond de terrorisme international. Une guerre piégeuse que l'occident, malgré ses moyens supérieurs, n'est pas sûr de gagner, là même où la puis-sante Union Soviétique s'était enlisée puis cassée les dents. Alors oui, Obama est sans-doute l'homme de l'année 2009. Mais, bien avant de le juger, de l'introniser, il convient de lui laisser le temps de faire ses preuves. Et peut-être d'apporter sa contribution à la paix mondiale. " Cette récompense arrive bien trop tôt " a affirmé le Polonais Lech Walesa, lui même couronné en 1983 …Avec le président américain, le jury du Nobel a préfèré l'efficacité symbolique à la réalité d'une œuvre très incertaine.
|