« Raisons d’état » : audace et classicisme
L’histoire :
Fils d’une famille aisée, personnage brillant et intelligent, Edward Wilson est aussi un patriote affirmé. Aussi entend- il se mettre au service de son pays et accepte- t- il de participer à la création de la CIA. Une organisation qui doit s’opposer directement au KGB soviétique.
Notre avis :
Robert De Niro fait partie de la légende du cinéma. Il appartient, à coup sûr, à ces rares comédiens (américains, pour la plupart) à propos desquels le mot « star » n’est pas galvaudé. Des années après « Il était une fois le Bronx », son coup d’essai, De Niro revient comme réalisateur. Un second opus dont on imagine combien il l’a mûri, réfléchi et préparé. Combien il le portait en lui… Si son choix est ainsi allé vers la période de la guerre froide, c’est vraisemblablement qu’elle correspond à ses jeunes années et l’a profondément marqué.
S’éloignant délibérément d’un cinéma à grand spectacle, il préfère frayer en eaux troubles et se plonger dans un récit à la fois complexe et intrigant, fait de suspicion, de complots et de trahisons. De Niro dépeint une Amérique paranoïaque au point d’en devenir maladroite et d’en arriver au cuisant épisode de la Baie des Cochons. Le tout glissé dans une mise en scène à la fois audacieuse et minutieusement classique qui n’est pas sans rappeler le style de Coppola. Une filiation qu’il ne renierait sans- doute pas…
Marc FRANÇOIS.
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