fDidier Ridoret " Les prix bas sont un fléau"
Le président de la Fédération Française du Bâtiment était à Thiers pour l'assemblée générale de la FFB Puy-de-Dôme. Il a répondu aux questions d'Info.
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Le président de la FFB (à droite) a répondu à l'invitation de Jean-Jacques Moireaud, président de la fédération du bâtiment du Puy-de-Dôme.
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Info - Pourriez-vous revenir sur votre parcours ?
Didier Ridoret - Je suis entrepreneur en menuiserie du bâtiment en Poitou-Charentes. Je suis à la tête d'une entreprise de 550 salariés, et président de la FFB depuis début 2008.
I - Quel est le poids du bâtiment aujourd'hui ?
D.R.- Le bâtiment représente 135 milliards d'euros de volume d'activité, avec 1.400.000 actifs dans le secteur. Deux-tiers sont à la FFB.
I - Le bâtiment a-t-il souffert de la crise ?
D.R. - Oui. Le secteur a enregistré entre 7000 et 9000 départs au niveau national en un an. Sur 1.400.000 salariés, ce n'est pas énorme, mais nous constatons que la tendance s'amplifie. De plus, les intérimaires ont beaucoup souffert, avec 25.000 départs ou non-emploi. Le nombre d'entreprises défaillantes a lui aussi progressé de plus de 20 %. Quant au volume d'activité, il a baissé de 5 % depuis l'automne dernier, ce qui n'est pas extraordinaire par rapport au secteur de l'automobile, par exemple. Mais c'est vrai qu'après 10 années exceptionnelles, nous sommes obligés de revoir nos objectifs à la baisse.
I - Toutes les entreprises ne l'acceptent pas…
D.R. - Effectivement. Certaines font de l'agressivité commerciale et bradent leurs prestations. Cela dessert tout le secteur, qui est obligé de sur-réagir. En plus, la baisse des marges finit par se payer en terme de qualité. Nous essayons de sensibiliser les maîtres d'ouvrage à ce problème. Ils ne doivent pas se laisser séduire par des prix anormalement bas, qui sont un fléau pour le bâtiment…
I - Quelle est la situation dans le Puy-de-Dôme ?
D.R. - Le département a tendance à amplifier la moyenne nationale. Les effectifs salariés sont ainsi retombés à presque 12.000, soit quasiment 900 emplois perdus sur un an. Le nombre de logements autorisés a baissé de plus de 36 %, contre 16,81 % pour la France. Heureusement, nous sommes dans une phase de stabilisation, avec le début d'un frémissement. Il est encore trop tôt pour parler de reprise, mais nous constatons par exemple qu'il y a un vrai besoin en logements neufs : il y en a seulement 6000 en stock sur le plan national, contre environ 900.000 en Espagne !
Entretien
Emmanuel THEROND
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