Didier Porte Anatomie d'un " serial flingueur "
Humoriste zélé et doué, chroniqueur acerbe de l'émission " Le fou du roi ", sur France Inter, Didier Porte évoque les dessous de son métier. Sans faux-semblants, ni langue de bois.
Un voyage Paris-Clermont " épouvantable ". En Téoz (pléonasme). Didier Porte nous reçoit entre le jambon de pays et le Saint-Nectaire. Dans quelques minutes, l'humoriste montera sur scène, pour reprendre son dernier spectacle, " Didier Porte aime les gens. " Un bestiaire politique et satirique constamment remanié depuis 2004. Le one-man show ? Un véritable hobby, plus qu'autre chose. " Cela m'amuse bien, mais mon métier, c'est la radio, incontestablement. "
Depuis 1999, le bonhomme livre ses chroniques sur les ondes de France Inter. Pour le meilleur et surtout pour le rire. On le retrouve ainsi chaque jour, peu après les douze coups de midi, dans l'émission de Stéphane Bern, " Le fou du roi ". Si Didier Porte croque volontiers de l'artiste, du sportif ou de l'intellectuel, il avoue une petite faiblesse pour les politiques. " Ce sont de bons clients. Ils ont le pouvoir. J'essaye toujours de les asticoter. " Et quand le verbe se fait particulièrement acerbe dans les studios de la Maison de la radio, les invités rient parfois jaune. " Lorsque Juppé est venu l'année dernière, la fin du papier lui est restée en travers de la figure. Je l'ai vu se raidir progressivement sur sa chaise. Quant à Yves Jégo, je lui avais prédit qu'il se ferait virer du gouvernement. Prédiction exacte. "
Le hic, c'est que Bern a désormais trouvé la parade. Histoire de ménager les susceptibilités. " Il fait partir les invités avant ma chronique. Ce fut le cas récemment avec Balladur. " Un peu énervant. Forcément.
La télé ? Pas pour lui
Quand la presse parisienne le boude, Didier Porte n'en a cure. Et le lui rend bien. " Ils sont d'un suivisme et d'un panurgisme absolu. Ils me snobent totalement, car je marche parfois sur leurs plates-bandes. J'ai sorti des bouquins, je n'ai jamais eu un article. Ils préfèrent de loin les mecs comme Guillon. "
Serial flingueur dans l'âme, il y a pourtant des sujets que ce chroniqueur talentueux s'interdit d'aborder. " On a chacun notre part de sacré. Par exemple, je n'ai pas envie de rigoler sur le génocide des juifs ou sur la douleur des palestiniens. "
La télé ? Non merci. Très peu pour lui… " Je m'épargne cette corvée. Ça fait des années que je chie dessus (sic !). Je n'aime pas ça. Je remplis des salles. Ça me suffit. La relation que l'on a avec les auditeurs reste bien plus forte que celle que l'on peut avoir avec des téléspectateurs. " C'est dit !
Jean-Paul BOITHIAS
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