E.E. Schmitt : " un hymne à la vie "
A quelques jours de la sortie de son film " Oscar et la Dame rose ", inspiré de son livre éponyme, Éric-Emmanuel Schmitt a répondu aux questions d'Info Magazine…
Info Magazine : Comment s'est passé le passage de l'écrit à la caméra ?
Eric-Emmanuel Schmitt : Je ne suis pas passé du papier à l'écran, mais du cœur à l'image. Je suis remonté à l'histoire, avec des personnages et des émotions, que j'avais en moi. Le texte a eu un grand succès dans beaucoup de pays. J'ai reçu des propositions du monde entier. J'ai toujours refusé de céder mes droits, car je me disais que mon livre était inadaptable. Il y a cinq ou six ans, j'ai commencé à réfléchir… Pour mon premier film et pour apprivoiser la caméra, j'ai préféré une histoire plus joyeuse avec " Odette Toutlemonde ".
I : Comment définiriez-vous votre film ?
E.-E.S. : Je voulais que le film soit raconté comme un conte, qui se déroulerait entre 1950 et 2009, sans repère dans le temps. Le bâtiment de l'hôpital, qui existe vraiment, devait faire penser à ces lycées ou ces pensions où nous sommes tous allés. L'histoire devait s'attacher à raconter le monde vu par un enfant : l'infirmière est une sorte de marâtre et le docteur pourrait être un druide, un sage puissant. Les contes sont des récits qui déploient un sens initiatique.
I : N'avez-vous pas eu peur de tomber dans l'hyper-pathétique ?
E.-E.S. : Le film est très pudique. Les scènes pathétiques sont coupées par des ré-pliques drôles ou futiles. C'est une hymne à la vie, à l'imagination, à l'amour et à l'humour. Il traduit l'instabilité entre le réel et l'irréel car l'imagination est plus forte que la réalité. C'est un film émouvant mais pas triste. Il fait remonter les valeurs essentielles qui font une vie. Bien sûr, ce n'est pas sans les larmes… Dans le film, qui sera dans les salles le 9 décembre, je ne parle pas de la guérison d'Oscar mais de nous, et du fait que nous ne faisons que passer.
Propos recueillis par
Anne-Marie Muia
Photo © Yves Dussuchaud
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