Philippe Benetton " J'ai commencé le rugby sur ordonnance médicale "
Depuis le début de la saison de fédérale 1, Philippe Benetton, ancien international, entraîne l'USA Limoges. La flamme du rugby est toujours dans son coeur.

" Limoges est une ville très agréable, qui ressemble à un grand village ! " |
Infomagazine - Le rugby était une histoire de famille ?
Philippe Benetton - Non, pas du tout. En fait, j'ai même commencé sur ordonnance médicale. Enfant, j'étais très actif et même turbulent. Je dormais à peine 4 heures par nuit. Quand j'ai eu 6 ans, c'est notre médecin de famille qui a recommandé à mes parents de me mettre au sport. Et comme le sport roi, à Cahors, c'était le rugby et que j'avais la corpulence idéale, j'ai atterri naturellement dans cette discipline.
I - Qu'est-ce qui vous a amené à Limoges ?
P.B. - Le challenge ! Quand j'ai rencontré les dirigeants du club de rugby de Limoges, ils m'ont parlé de reconstruire une équipe, un club, de former des jeunes. Après ma carrière de joueur de haut niveau, je me suis occupé du centre de formation d'Agen où j'ai formé des jeunes qui ont ensuite intégré divers championnats en tant que professionnels. Le projet limougeaud m'intéressait donc énormément et j'ai rapidement pu trouver un accord avec les dirigeants de l'USAL.
I - Quelles sont vos premières impressions sur la capitale limousine ?
P.B. - Limoges est une ville très agréable, qui ressemble à un grand village ! On est en centre-ville très rapidement et de la même manière, on est à la campagne aussi vite. La qualité de vie y est exceptionnelle et les gens très agréables. Je crois que j'ai assuré une bonne intégration...
I - Pouvez-vous nous dire un mot sur l'équipe ?
P.B. - Quand je suis arrivé à Limoges, le recrutement était déjà entamé mais les dirigeants ont accepté mes choix quant aux joueurs à mettre aux postes que je considère comme des postes-clés. Pour le moment, je suis tout à fait satisfait du comportement des joueurs. Ces derniers savent quand ils peuvent rigoler et quand ils doivent se mettre à travailler. L'ambiance est très bonne et tout le monde travaille dans le même sens. Aujourd'hui, je dispose d'un vrai groupe de joueurs.
I - Quelles sont les différences entre Fédérale 1 et Top 14 ?
P.B. - La différence essentielle tient au fait que la fédérale 1 est un championnat élite mais amateur. Certains joueurs sont professionnels, mais ils sont peu dans ce cas. La plupart des joueurs sont amateurs et ont donc des activités professionnelles à l'extérieur des clubs, ce qui limite évidemment le nombre d'entraînements possibles chaque semaine. Pour le reste, les différences sont minimes, les équipes jouent dans les mêmes conditions, avec exactement les mêmes règles de jeu.
I - Ce n'est pas frustrant de ne plus être sur le terrain ?
P.B. - Non, le rugby m'a beaucoup donné et aujourd'hui c'est à moi de donner au rugby. L'énergie que je dépensais sur le terrain, je la dépense aujourd'hui dans mon rôle d'entraîneur. J'ai fait le deuil de ma position de joueur et même si je voulais jouer en amical aujourd'hui, je crois que c'est mon corps qui ne me le permettrait pas !
Propos recueillis par
Stan Didry
Photos © Yves Dussuchaud
CV EXPRESS
> 1968
Naissance à Cahors (Lot)
> 1987
Intégration au SU Agen
> 1988
Champion de France avec le SU Agen face à Tarbes
> 1989
Première sélection en équipe de France
> 1991
Coupe du Monde (Angleterre - France)
> 1992
Challenge Yves du Manoir avec le SU Agen
> 1997
Premier Grand Chelem avec l'équipe de France
> 2009
Entraîneur de l'USA Limoges
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