Dans la cellule d'un poème…
La poétesse clermontoise Chantal Dupuy-Dunier, lauréate du Prix Artaud 2000, vient de publier aux éditions Voix d'encre son seizième ouvrage, " Saorge, dans la cellule du poème ". Depuis une dizaine d'années, le monastère de Saorge, dans l'arrière-pays niçois, a été aménagé en résidence d'écrivains. Chantal Dupuy-Dunier y a séjourné à deux reprises, en hiver et en automne. Des séjours qu'elle évoque dans son livre.
D'abord l'arrivée à Saorge : " Le village est un château de cartes / où l'on s'attend à voir / un funambule traverser le site / sur un fil invisible / tendu tout au sommet. " Un peu à l'écart " juché en haut d'une voie très pentue, / le monastère se mérite ".
C'est l'hiver. Dans les cellules dallées de noir " chacun travaille, les épaules entourées d'une couverture ". Des fresques sur les murs blanchis à la chaux. La fenêtre de Chantal Dupuy-Dunier est surmontée d'une tête de mort qui, paraît-il, a impressionné bien des écrivains. Personnellement, elle lui trouve un air primesautier, ironique et une couleur carotte.
Saisons et impressions
Lors du séjour d'automne, le jardin des anciens moines " déploie une exubérance de légumes et d'aromates ". Salades, tomates, citrouilles, raisins sont à la disposition des résidents qui dînent ensemble dans la vaste cuisine et parlent de leurs projets d'écriture. La dernière partie du livre est consacrée à l'évocation du monastère quand, revenue en Auvergne, Chantal Dupuy-Dunier y pense encore. Un livre coloré, gourmand et sensuel, préfacé par Bernard Noël, qui lui aussi a séjourné au monastère, illustré par des gouaches orange de Michèle Dadolle.
Un spectacle tiré de ce livre sera donné le mardi 2 mars 2010, à 20 h 30, à la Chapelle des Cordeliers de Clermont-Ferrand (entrée gratuite).
|