Une exécution ordinaire
25 millions de morts lui seraient imputables. 25 millions de ressortissants de l'ex Union Soviétique, victimes du Goulag, de la terreur, de la famine et d'assassinats, depuis la Carélie jusqu'au Tadjikistan, depuis le Don jusqu'au fleuve Amour, de l'Europe Centrale aux confins de la Chine.
Tyran sanguinaire, Josef Staline n'a pas hésité, non plus, à supprimer les plus proches membres de son entourage, selon une stratégie implacable et perverse. Loin de ce décompte morbide, Marc Dugain a écrit " Une exécution ordinaire ", un roman qui mélange habilement fiction narrative et faits historiques. Un livre qu'il porte aujourd'hui à l'écran : nous sommes en 1952 au Kremlin. Le despote achève son règne mais il n'en a pas fini avec ses sombres desseins. Le voilà, en effet, sur le point d'éliminer plusieurs dizaines de médecins, pour la plupart d'origine juive au cours de l'épisode du " complot des blouses blanches… ". Victime de maux incessants, Staline (qui signifie " l'homme d'acier " en Russe) fait venir près de lui une jeune urologue-magnétiseuse afin de calmer ses douleurs. En la choisissant, il la condamne puisque personne ne doit jamais être au courant de cette curieuse relation.
Film avant tout psychologique, " Une exécution ordinaire " joue assez subtilement de cet inquiétant face à face. Staline est interprété par…André Dussollier, qui s'en tire honorablement. Marina Hands lui donne la réplique avec précision. Et l'ensemble ne manque pas d'efficacité.
Marc FRANÇOIS.
|