Zapping
Le tremblement de terre à Haïti, l'affaire Clearstream, les chiffres du chômage, le réchauffement climatique, les espèces sauvages qui disparaissent sous l'action de l'homme : l'actualité incite plutôt à la grimace, ou aux larmes, qu'à une douce euphorie.
Le monde, il est vrai, ne tourne pas très rond, une réalité, qui, hélas, ne date pas d'aujourd'hui. Au milieu de ce chaos invraisemblable, une fenêtre va s'ouvrir pour quelques jours. Une fenêtre sur Vancouver au Canada. Montagnes enneigées qui surplombent le bleu profond de l'Océan Pacifique : Seymour Mountain, Cypress Mountain, Grouse Mountain dressent leur silhouette au dessus d'un port en pleine effervescence. Un port en son temps chanté par Véronique Sanson, sur un air d'une extrême mélancolie. Vancouver ? Une ville de 600.000 habitants, dont l'agglomération s'étend jusqu'aux frontières des Etats-Unis.
Tradition et paix
A partir du 12 février, la capitale de la Colombie Britannique accueillera donc les Jeux Olympiques d'Hiver. Ski alpin, saut à ski, hockey sur glace, biathlon, bobsleigh, luge, patinage de vitesse, ski de fond et autres disciplines, plus ou moins traditionnelles, plus ou moins en vogue, vont se succéder pour le grand plaisir des spectateurs et des téléspectateurs dans un ballet ininterrompu d'images. Ce temps olympique, héritage d'une tradition antique, n'est pas tout à fait un moment comme un autre, même si l'esprit en a été quelque peu dévoyé par la commercialisation et la " financiarisation " du sport. Restent, envers et contre tout, une certaine fraternité entre les athlètes de tous les continents, la beauté indéniable du geste, l'incertitude du résultat et le triomphe de l'effort. Demeurent, encore et surtout, deux semaines de paix, quelque part dans le monde, qui rassemblent au lieu de diviser et donnent à voir une image de l'humanité acceptable.
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