Le Losange sur tous les fronts
La crise économique, la production industrielle, la voiture électrique, les sorties de nouveaux modèles… Autant de sujets d'actualité pour le constructeur français Renault. Dans le cadre feutré du Salon de Genève, Info a rencontré Patrick Pelata, le Directeur général délégué aux opérations du groupe. Morceaux choisis…
Retour sur la crise. Pour Patrick Pelata, il est très difficile de livrer des perspectives. Quelque peu inquiet, le dirigeant redoute une crise sociale et politique. " Si l'on prend l'exemple des années 30, c'est ce qui arrive après la crise économique. Chez Renault, on ressent cette tension. "
Au moment où l'on voit, selon lui, " fleurir des discours populiste et démagogique ", le responsable fustige le comportement de certains. " Je me suis fâché avec quelques syndicalistes locaux de Renault qui entretenaient des pratiques incendiaires. Je rappelle que nous avons subi 3 milliards de pertes, et que notre contrat social de crise a été réalisé afin que le chômage partiel soit financièrement acceptable pour les salariés. On joue la solidarité et la transparence totale avec le personnel. Mais l'une des grandes difficultés actuelles, c'est qu'il faut à la fois réduire les coûts, dont la masse salariale, et se préparer à l'après crise. "
La production industrielle en France. Pour le Directeur général délégué aux opérations, il n'y a pas de fatalité à voir disparaître de France l'outil de travail. Le véhicule électrique Zoé sera ainsi construit à Flins, tandis que le futur haut de gamme Renault ira à Sandouville. Seulement, la France dispose d'un lourd handicap selon Patrick Pelata. " Le travail est trop taxé dans notre pays. En une décennie, le différentiel avec l'Allemagne s'est creusé de dix points ".
La voiture électrique. Renault a choisi de miser sur cette source d'énergie pour produire de nouveaux modèles dans l'avenir. " En Israël, le projet avance bien. Un centre d'essai vient d'ouvrir en février. La perception des clients est très bonne ", assure Patrick Pelata. Quant au coût d'achat de ces voitures, il sera " après une génération de voiture, équivalent au diesel, hors batterie ". Mais le directeur précise : " le prix devrait être, à terme, moins cher que celui de la voiture thermique. "
Le timing ? Une future " Fluence " sera livrable au 2e semestre 2011, un Kangoo électrique en septembre 2011 et une Zoé à l'automne 2012.
La marque Dacia. Selon le responsable du constructeur français, Dacia est une marque très moderne, que l'on ne doit pas envisager simplement comme du low-cost. " Elle ne symbolise pas une automobile à minima mais remplit juste les besoins des gens. Robuste, fiable, facile à entretenir, c'est une voiture sans souci. Le Duster, présenté à Genève, est ainsi l'héritier de la 4L. Vaste à l'intérieur, il passe partout, avec un côté pratique, facile à vivre et simple d'usage. "
La résurrection de Gordini. Couleur bleue, bandes blanches, Renault a décidé de reprendre l'image de Gordini, en apportant une touche de luxe à ses modèles sportifs, comme Twingo RS, mais aussi Clio Gordini RS, qui sera disponible en juin (c'est Jean Ragnotti, le " négociant en virages ", qui doit être content !)
Malgré le contexte défavorable, le Losange continue à faire des modèles à destination des passionnés de sport auto. Démarche rare de nos jours. " La nouvelle Megane RS détient à ce jour le record du tour du circuit du Nurburgring pour les modèles deux roues motrices ", observe Patrick Pelata, histoire de rappeler la maestria des sorciers de Renault Sport Technologie.
Jean-Paul BOITHIAS
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