La chronique de Roger Herzhaft
Certes, Martin Scorsese est un grand metteur en scène et aussi un cinéphile incontestable. Pour tous ceux qui adorent le cinéma, il est indispensable d'acquérir en DVD le " Voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain " ou bien de lire et de regarder le livre remarquable qui en a été tiré. Alors on peut se demander ce qui lui arrive depuis déjà pas mal de temps. Est-ce le syndrome des oscars ou bien n'a-t-il plus rien à dire ?
On a commencé à être inquiets avec " Gangs of New-York ", où le tape-à-l'œil l'emportait sur l'histoire qui était passionnante et qui aurait fait le régal d'un John Ford. Et cela ne s'est pas arrangé avec " Aviator ", ou " Les Infiltrés " avec le roi de la grimace Jack Nicholson, remake d'un film coréen qui avait le mérite de ne durer qu'un peu plus d'une heure. Mais Martin persiste et signe : ainsi " Shutter Island ", tiré d'un bien mauvais polar de Dennis Lehanne, se moque-t-il carrément du spectateur et du cinéphile. Abondance de plans chocs. Mélange de thriller et de film d'horreur, orages (Ô désespoir) et tics de mise en scène …On n'est même plus dans le cinéma mais dans le train fantôme. Leonardo Di Caprio, acteur magique, n'est pas en cause et son magnétisme seul justifie le fait de voir ces films. Alors ? Que penser du sort de Scorsese ? Il est quand même permis d'espérer, puisque son ami Coppola, après une longue période de ratages nous a donné le magnifique " Tetro ", qui a coûté trois sous, justifiant la phrase de Truffaut : " Un film cher est un film bête ". Scorsese nous a comblés jadis avec des œuvres modestes et géniales : " La valse des pantins ", " After Hours " etc… qui révélaient un immense cinéaste.
Il est donc encore permis d'espérer…Car l'espoir fait vivre aussi le cinéphile !
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