Vivre de notre métier d'agriculteur
Président de Jeunes Agriculteurs 87, Joël Paugnat dresse un état des lieux des jeunes exploitants agricoles.

Joël Paugnat, Président des Jeunes agriculteurs de la Haute-Vienne.
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INFO.- Quelles sont vos préoccupations ?
JOËL PAUGNAT.- Le renouvellement des générations, l'installation, la transmission des outils. Pour une installation nous enregistrons trois départs. Il y a eu 49 installations, l'an dernier, sur le département la moitié en individuel, l'autre en société. Les jeunes agriculteurs valorisent mieux leurs animaux en société. Ils veulent une vie comme tout le monde, partir en vacances, profiter de leur famille, n'être pas pris à 100% par leur activité ce qui impossible sur une production comme le lait avec deux traites par jour.
I.- Votre guichet unique attire-t-il les candidats ?
J. P.- Nous avons mis en place un point infos installation pour recenser les jeunes voulant s'installer. Nous avons eu 280 rendez-vous individuels dont 50 demandeurs d'emploi. Des farfelus pensent qu'avec la crise, il est facile de s'installer, de vivre sur 1 ou 2 ha avec deux chevaux. Ce n'est pas la réalité de notre vie. Dans deux ans ouvrira un point infos transmission.
I. Quelle est la production majoritairement choisie ?
J. P.- Les installations en bovins viande à 45%, puis 11% en ovins, 9% en bovins lait et la diversification en caprins, volailles, maraîchage. En bovins viande si le jeune doit tout acheter, il ne peut pas s'installer car il faut plus de 300.000 euros pour avoir 60 ha et 50 vaches. Jeunes Agriculteurs se bat pour maintenir les prêts bonifiés à 1,5%, les primes au maintien du troupeau allaitant et les quotas laitiers
I.- Raccourcir les circuits de distribution est-ce la solution ?
J. P.- Notre but est de réduire les circuits, nous avons relancé un groupe viande pour comprendre la filière de l'exploitant au consommateur pour voir les marges. Une carcasse qui payée 3 euros le kg est revendue 15 euros à l'étal, on se demande qui se gave le plus. Les producteurs de lait et de pommes vendent 20% en dessous de leur prix de revient. Nous sommes le seul métier à vendre à perte, si d'autres le faisaient ils seraient sanctionnés !
I.- L'avenir sera-t-il meilleur ?
J. P.- Il ne faut pas toujours être pessimiste, des jours meilleurs viendront avec la nouvelle PAC en 2013 et la loi de modernisation agricole. Les prix seront plus justes pour les producteurs. Nous voulons simplement vivre de notre métier.
Propos recueillis par
Corinne MÉRIGAUD
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