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  PUY-DE-DOME HAUTE-VIENNE ALLIER
Edition du 03 / 09 / 2010
Livre " L'ombre du chai "    -      Permanences de quartiers    -      Smoky Boots    -      Les Enfants du Volcan    -      Labellisée " Foire de France "    -      Tant qu'il y aura des chats    -      Lieu de mémoire pour animaux    -      Dans les méandres de " Krach "
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» Article paru le : 10/03/2010
» Sur les éditions : Puy-De-Dôme
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AMAP Le bonheur est dans le panier !


Marion, Michèle, Katy, Vincent, Philip… ont 20, 50 ou 70 ans ; ils sont infirmiers, enseignants, étudiants, kiné, ouvriers ou retraités… Ils viennent de milieux différents et ont pour point commun de faire partie des 250 000 personnes qui fréquentent quelque 1000 Amap en France, dont 4 dans l'Allier.


Bien terriennes et terriens comme vous et moi, ces amapiennes et amapiens sont des citoyens respectueux de leur environnement, responsables dans leur volonté de produire durablement pour les uns et de consommer autrement pour les autres. Pour y parvenir, ils adhèrent à une Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne, structure établissant un partenariat entre un groupe de consommateurs et un agriculteur installé à proximité. Généralement, ils s'intéressent de près à ce qu'il y a dans leur assiette et défendent une certaine économie solidaire, préférant acheter dans une structure dépourvue d'intermédiaire. Au-delà de l'acte purement militant, tous tentent de protéger une qualité de vie qui aurait tendance à disparaître au profit de l'hyper consumérisme. Loin de faire partie des " bobos " ou autres alter-écolos, une étiquette un peu facile qui leur collerait facilement à la peau, ce sont des consom'acteurs.


Consommer raisonnable


Ils sont nombreux, comme chaque mercredi soir, jour de marché amapien hebdomadaire, à venir chercher leur panier. " Toutes les semaines, nous assurons une permanence entre 17 et 19 heures pour que les adhérents viennent récupérer leur panier de légumes, de viandes, de produits laitiers ou de pain, m'explique Vincent, adhérent convaincu et distributeur bénévole d'un soir. " Aux côtés de Philip, maraîcher et producteur de légumes, ils accueillent les membres dans un bar associatif. L'étal de légumes est bien fourni : pommes de terre, betteraves rouges, pourpier, panais, ail, ramassés le matin même, le tout agrémenté de coulis de tomates maison, composeront le panier de la semaine. Sur la table voisine, des œufs fraîchement pondus trouvent rapidement preneurs. " A chaque fois, c'est la surprise, poursuit Marion. On ne sait pas ce qu'on va avoir. Ça dépend de ce que Philip récolte. Ce ne sont que des légumes de saison, cultivés biologiquement puisque c'est le créneau de Philip mais pas forcément. Contrairement aux qu'en dira-t-on, ce n'est pas la priorité des adhérents. " " C'est une manière de consommer " raisonnable " si je puis dire, renchérit Vincent. On préfère manger des légumes produits localement et si c'est bio, c'est mieux. Personnellement, si la grande surface du coin proposait des fruits et légumes de qualité et issus du terroir, je me servirais aussi là-bas. " " Moi, bio ou pas, ce n'est pas ce qui m'attire, affirme Christine. En prenant mes légumes ici, j'ai retrouvé le vrai goût des choses. J'avais presque oublié la saveur de la carotte. Pour la viande, c'est la même chose. "


Philosophie amapienne


Dans une ambiance chaleureuse, chacun récupère le panier dont il a déterminé le montant. Un grand tableau noir récapitule les tarifs, très compétitifs quand on connaît la qualité des produits. Car quand on adhère à une Amap (généralement une dizaine d'€uros la cotisation annuelle) on s'engage à prendre un panier par semaine. Un incontournable qui peut tout de même être bravé ! " Quand quelqu'un part en vacances ou qu'il ne peut pas venir, on s'arrange entre nous ! " Comme pour la composition des paniers. Chez Christine, on n'aime pas trop les betteraves rouges. Qu'à cela ne tienne, elle les échangera contre les pommes de terre de Pierre. Les panais, légumes goûteux mais oubliés, en laissent quelques-uns septiques. Philip, le maraîcher passé maître en matière de légumes d'antan, propose une recette.
Car c'est aussi ça la philosophie amapienne. Une sorte de commerce équitable avec convivialité, échange, partage, solidarité. Philip en sait quelque chose. " Ce que j'aime dans le système, c'est l'échange avec les consommateurs. C'est particulièrement enrichissant. Il y a un aspect social et humain intéressant. Par exemple, une fois par mois, les adhérents peuvent, s'ils le souhaitent, venir à la ferme pour m'aider dans certaines tâches. Ça leur permet aussi de voir comment je travaille. "


Un phénomène en plein essor


" Nous sommes installés dans la région depuis 2 ans, avec ma compagne et mes enfants, et je ne vis pas encore de mon travail. L'Amap représente 75 % de mon chiffre d'affaires. Je compense avec quelques marchés. C'est en quelque sorte une certitude économique, un revenu assuré. Je sais que ce que je produis va être vendu puisque les adhérents ont pris un engagement. En plus, le système crée des synergies entre les producteurs. Par exemple, je peux mettre à disposition un hectare pour faire du blé destiné à la fabrication du pain qui sera distribué à l'Amap. Et puis, je vais vous dire, j'adore venir ici ! Pour moi, c'est la pause de la semaine, un bon moment fait de rencontres sympas. "
Pas étonnant que le nombre d'Amap, phénomène récent, augmente de jour en jour. La première association est née en avril 2001 dans le Var. A son origine, un couple de maraîchers pratiquant déjà la vente directe et une production biodiversifiée, Denise et Daniel Vuitton. C'est aux Etats-Unis qu'ils découvrent le concept au coin d'une rue de Manhattan. Là, sur le parvis d'une église, ils rencontrent un groupe de consommateurs venus chercher des légumes fraîchement récoltés et livrés par le fermier lui-même. Séduits, les Vuitton l'exportent dans leur région. L'expérience fait rapidement des émules, le contexte favorisant le développement de l'économie solidaire. Fin 2007, on comptabilisait environ 750 Amap approvisionnant quelque 30 000 familles, soit près de 90 000 personnes. En 2009, on passe à 1000 Amap pour 250 000 personnes et un chiffre d'affaires d'environ 52 millions d'€uros. Dans l'Allier, 4 Amap couvrent le département : une à Moulins, une à Vichy et deux à Montluçon. Une croissance exponentielle à la hauteur de l'engouement des français pour la " bonne bouffe ". L'idée fait d'ailleurs son chemin chez l'élite politique. Lors de la présentation de ses vœux, Bruno Le Maire, Ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, a annoncé que son projet de loi de modernisation de l'agriculture visait notamment à promouvoir une alimentation sûre et le recours à des circuits de distribution courts. Amap et autres coopératives du même genre ne devraient donc pas être mises au panier de sitôt.


Marie Brun


Micro-trottoir : Pourquoi fréquentez-vous une Amap ?


Jérémy, 29 ans, producteur de légumes
" Je suis installé depuis peu avec pour objectif de faire de l'agriculture de proximité qui correspond parfaitement avec la philosophie des Amap. Je trouve très positif l'échange direct avec les clients et le fait de supprimer les intermédiaires entre nous producteurs et le consommateur. "


Emmanuelle, 44 ans, formatrice
" J'adhère depuis 2 ans. Ce qui m'a poussé à venir dans une Amap, c'est d'abord l'excellente qualité des produits. Ensuite, je trouve ça bien de pouvoir permettre aux producteurs de vivre de leur travail. Et puis, c'est toujours très convivial. Ça crée un réel lien social. "


Olivier, 50 ans, commerçant
" Moi en tout premier lieu, ce qui m'a attiré, c'est la qualité incontestable des produits et la saveur incomparable des aliments que ce soit pour les légumes, la viande... Ceci dit, le côté relationnel du système est très intéressant aussi même si, je le répète, pour moi, c'est la qualité qui prime. "

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