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François Chérèque " La sortie de crise, on ne la voit pas "
Le secrétaire général de la CFDT a rencontré les militants auvergnats durant 48 heures, dans le cadre de la préparation du 47ème congrès, qui aura lieu à Tours, en juin.
INFO- La moitié des retraités touche une pension inférieure au SMIC. 17% perçoivent un maxi de 600 euros. Que foutez-vous les syndicalistes ?
François Chérèque- Le paysage des retraites est très disparate. La retraite moyenne est de 1.600/1.700 euros pour les hommes, et de 1.000 euros pour les femmes. Il s'agit de moyennes provisoire, et elles sont en rapport avec le salaire médian en France, qui est de 1.500 euros. Des retraites sont en dessous du SMIC, celles des salariés qui ont perçu le SMIC durant toute leur carrière.
Cinq grandes inégalités concernent les retraites : les cotisations passées de 40,5 ans à 43 ans, l'espérance de vie, les inégalités hommes/femmes, dans le privé les retraites sont calculées sur 47% des 25 dernières années. Ce qui fait qu'un ouvrier au SMIC cotise plus que le cadre par rapport à ce qu'il reçoit ensuite, et enfin, la situation des polycotisants, qui ont travaillé dans le public et le privé…
INFO- Ajoutons-en une sixième : Les retraités du public et des régimes spéciaux, prospèrent sur la misère des retraités du privé… François Fillon, a déclaré lundi dernier à Clermont-Ferrand : " Tous les hommes sont égaux, et il n'y a pas de raison qu'ils ne le soient pas s'agissant des retraites "… Qu'en pensez-vous ?
F.C- C'est bon quand les hommes politiques ont de grandes ambitions ! Si l'on veut mettre à niveau les différents systèmes, cela coûtera plus cher à l'Etat. Il vaut mieux réformer et rapprocher.
Les réalités sont complexes. Il existe trois fonctions publiques, d'Etat, territoriale et hospitalière. Les salariés du public perçoivent 75% de la moyenne des six derniers mois, mais les primes ne sont pas comptabilisées. Prenez les hospitaliers, elles représentent 20% de leur rémunération, mais ne donnent pas lieu à charges patronales et salariales, et n'entrent pas dans le calcul des pensions.
La question est posée : faudra-t-il augmenter les impôts pour payer les retraites ? Et au bout cela ne changera rien pour 80% des fonctionnaires, sauf pour les hauts fonctionnaires, directeurs de cabinet, inspecteurs des finances... qui bénéficient de véritables retraites chapeau.
On fait de la démagogie sur les retraites, mais il faut que le système devienne cohérent. On doit savoir aussi que ces hauts fonctionnaires acceptent tout au long de leur carrière de rémunérations deux à trois fois inférieures à ce qu'ils gagneraient dans le privé. Si l'Etat veut les garder performants jusqu'au bout, il leur donne cette récompense. Cela étant, des inégalités existent qu'il faut revoir. Le gouvernement fait une réforme financière, sur la durée et les cotisations, comme il y 20 ans ! Il faut plutôt une réforme sur une échelle de 30 ou 40 ans, pour ceux qui la paient aujourd'hui, et la toucheront demain. Est-on capable de construire une concordance entre les différents systèmes ?
INFO- On annonce de partout la sortie de crise. Comment la voyez-vous?
F.C- La sortie, on ne la voit pas ! On entend des discours d'autosatisfaction : " le plus dur est derrière nous ", " le chômage va baisser ".. mais ce n'est pas le cas. Le gouvernement a mis en place de bonnes mesures l'an dernier. Il faut les reconduire en 2010 pour accompagner les entreprises, en particulier les plus petites d'entre elles. On doit soutenir les entreprises en difficulté momentanée. Egalement accroître les moyens du Fonds d'investissement social mis en place en 2009, développer le chômage partiel plutôt que de licencier, former les personnels, donner plus d'effectifs au pôle Emploi, accélérer l'accès au RSA pour les jeunes, soutenir le pouvoir d'achat par des aides aux familles… Ne faisons pas comme si on était en train de sortir de la crise, on est en plein dedans
INFO- Comment va la CFDT ?
F.C- La CFDT aujourd'hui est la 1ère organisation syndicale en France, par le nombre de ses 820.000 adhérents. Elle est 2nde dans le privé à quelques points de la CGT, et 3ème dans le public.
En Auvergne, nous comptons 10.000 adhérents, et sommes 1ers chez Michelin, et dans la chimie (Chibret), l'agro-alimentaire, et les grandes surfaces, y compris chez Leclerc où les choses ne sont jamais simples. Les dissensions- et elles ont été vives en Auvergne- appartiennent au passé. Le congrès de Grenoble a fait le point à ce sujet, voilà quatre ans. La page est tournée, et nous préparons actuellement notre prochain congrès. C'est d'ailleurs le sens de ma venue en Auvergne.
Propos recueillis par Jean-Jacques ARENE
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Cv express
1956
Né le 1er juin à Nancy (Meurthe et Moselle). Situation de famille : vie maritale, deux enfants. Activité professionnelle : éducateur spécialisé.
1978
Adhère à la CFDT, la Confédération française démocratique du travail. Syndicat laïc, issu en 1964 de la CFTC chrétienne. La Confédération française des travailleurs chrétiens existe depuis 1919.
1983
Elu secrétaire de syndicat.
1986
Devient secrétaire de l'Union départementale Alpes de Haute-Provence.
1991
Secrétaire national de la fédération Santé- Sociaux.
1996
Secrétaire général de la fédération Santé- Sociaux.
2002
A Nantes, dernier congrès de Nicole Notat à la tête de la CFDT. Elle est remplacée par François Chérèque.
En 2010
François Chérèque est également responsable de la politique générale, responsable du fonctionnement des instances. Il est également responsable de la représentation CFDT, et chapeaute la politique d'information des responsables CFDT.
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