|
Daniel Perducat " Eymoutiers a retrouvé sa vitalité com-merciale "
Maire depuis 1989, Daniel Perducat voit d'un mauvais oeil la réforme des colllectivités locales. Il redoute à terme la disparition des communes.
|

" Nous allons restreindre nos investissements compte tenu des incertitudes budgétaires ".
|
INFO.- Comment se porte Eymoutiers ?
DANIEL PERDUCAT.- Eymoutiers a retrouvé de la vitalité commerciale, de nombreux commerces ont ouvert, le tissu commercial est dense et varié, les métiers du bâtiment bien représentés. C'est assez rare de trouver l'équivalent dans un bourg de 2110 habitants. Eymoutiers est le bourg structurant de ce secteur reconnu comme tel par la Région. Mais des entreprises ont connu, en 2009, des licenciements et du chômage partiel. Je suis inquiet pour la consommation et le manque de pouvoir d'achat qui se fait ressentir sur les commerces. La crise masque la réalité d'une politique qui rend la fracture sociale et régionale de plus en plus marquée.
I.- Que pensez-vous justement de la réforme territoriale ?
D. P.- Nous y sommes fortement opposés, c'est un recul de la décentralisation, une stigmatisation des élus avec l'impression que le but est d'éliminer les contre-pouvoirs. Cette réforme est très dangereuse, cela peut amener la disparition des communes. Nous sommes très inquiets pour nos finances avec la réforme de la TP. En 2010 nous serons compensés mais on sait ce qui en est des compensations d'Etat sur le long terme.
I.- Quelles risquent d'être les conséquences ?
D. P.- Si les départements et les régions ont moins de moyens, les communes seront moins aidées. Cela deviendra difficile de mener des investissements aussi importants que par le passé. L'an dernier cela représentait 1,5 million d'euros pour la commune et un million pour la Communauté de communes, ce qui a créé de l'activité. Si nos budgets diminuent, ce sera dramatique pour des territoires ruraux comme le nôtre.
I.- Quels projets seront lancés cette année ?
D. P.- Nous allons restreindre nos investissements compte tenu des incertitudes budgétaires. Nous poursuivrons l'aménagement du centre bourg et des 80 km de route. Une crèche halte de garderie de 16 places ouvrira le 1er avril, deux logements sociaux sont envisagés dans l'ancienne gendarmerie de Bujaleuf. Une étude est lancée pour aménager la zone d'activités de Peyrat pour accueillir des porteurs de projets.
I.- L'abattoir pourrait rouvrir ?
D. P.- Nous avons des contacts avec des éleveurs, nous verrions d'un bon oeil si une solution d'abattage voyait le jour mais ce n'est pas encore fait. La commune se désengagerait de la gestion et vendrait le site à un prix modique.
I.- Ressentez-vous une différence de traitement entre ville et campagne ?
D. P.- L'inégalité entre citoyens des champs et des villes est inadmissible. Nous vivons les effets dévastateurs du désengagement de l'Etat et des services publics. Toute la population ne peut pas accéder à la téléphonie mobile et au haut débit. Avec l'arrivée de la TNT les communes pourraient mettre la main au porte-monnaie. Nous cumulons les handicaps. Les médecins ne veulent pas s'installer en zone rurale, les dentistes ne trouvent pas de remplaçants. Nous lançons une étude de faisabilité pour ouvrir une maison de santé pluridisciplinaire. Cette question est vitale pour favoriser la démographie sur un territoire qui a stabilisé sa population l'an dernier.
I.- Vous êtes maire depuis 21 ans qu'est-ce qui vous fait avancer ?
D. P.- J'aime ma commune, j'ai tout fait pour rester vivre et travailler au pays. J'ai la satisfaction de réaliser des équipements pour faire évoluer la cité que j'aime.
Propos recueillis par
Corinne MÉRIGAUD
Photo © Ville d'Eymoutiers
|
CV EXPRESS
1947
Naissance à Limoges
1967
BTS bureau d'études
1977
Adjoint sous la mandature Jean Fraisseix
1985
Maître d'oeuvre bâtiment
1989
Elu pour la première fois maire d'Eymoutiers
|
|