Camping : l'immobile home
Six millions de Français passent leurs vacances au camping. Quelques uns ont adopté ce mode d'hébergement pour quelques mois et parfois quelques années.

Le 21 avril sortira " Camping 2 " :si le camping reste pour la majorité un mode d'hébergement de vacances, il constitue pour d'autres leur résidence principale. (Photo © Pathé Distribution)
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Le 21 avril sortira la suite de " Camping ", qui avait attiré 5,4 millions de spectateurs. La bande de Patrick Chirac accueillera, cette fois-ci au camping Les Flots Bleus, un banquier clermontois au bord du divorce, incarné par Richard Anconina.
Le succès inattendu de " Camping " avait relancé la fréquentation des campings. Ringardisé au cours de la décennie précédente, le camping est redevenu très tendance depuis, grâce, notamment, aux nouveaux hébergements. Mobil-home et chalets ont envahi les terrains de camping et le confort de ces habitations légères de loisirs a séduit une nouvelle clientèle plus aisée.
CHOIX DE VIE
Si le camping reste pour la majorité des six millions d'adeptes de l'Hexagone un mode d'hébergement de vacances, il constitue pour d'autres leur résidence principale.
C'est le cas de Gérard et Dorothée Meunier, ex-Parisiens qui, à la retraite, ont trouvé leur port d'attache à Ambazac. Après avoir vécu sept ans dans une maison de 130 m² implantée sur 1,5 ha, ils ont tout vendu pour s'installer dans un mobil-home de 30 m². Depuis trois ans ils vivent au camping Les Vigères, au Chalard, l'un des rares en Haute-Vienne ouvert toute l'année.
" Il s'agit d'un choix réfléchi, certains sont obligés de vivre au camping car ils sont dans une situation de précarité, nous avons au contraire choisi délibérément de nous installer sur cette parcelle de 300 m², précise le couple. Nous sommes des voyageurs indépendants. La moitié du temps nous sillonnons les routes en camping-car. Ici nous avons trouvé calme et indépendance. Nous aimons cette vie de bohème sans trop de contraintes mais dans le respect des autres ".
Dorothée et Gérard ont toujours vécu de la sorte. Durant leur carrière professionnelle, ils fuyaient Paris le vendredi soir pour trouver refuge, avec leurs enfants, dans une caravane sur leur terrain dans la Marne. Aujourd'hui ils ont trouvé leur bonheur dans ce mobil-home tout équipé.
CHANGEMENT RADICAL

Un mobil-home de 30 m² est la résidence principale de Gérard et Dorothée… |
" C'est un changement de vie radical, j'en avais assez de faire le ménage, ajoute Dorothée, et d'alimenter les trois cheminées. Nous avions toujours froids ! Nous vivions dans trois pièces le salon, la cuisine et la chambre, comme dans le mobil-home. Il est équipé de deux chambres et six couchages, d'une salle de bain, cuisine et WC et l'isolation des parois est renforcée. Mon mari l'a isolé par le sol contre le gel ".
Le couple a investi dans une climatisation réversible qui remplace les radiateurs, ce qui diminue la note d'électricité (40 euros par mois) et rafraîchit l'air en été. La parcelle est louée 2.000 euros à l'année, eau comprise, auxquels s'ajoute la taxe de séjour de 100 euros par an. Ce type d'hébergement n'est pas soumis à la taxe d'habitation. Deux chalets ont été installés sur la parcelle pour entreposer nourriture, matériel de bricolage et jardinage, lave-linge, sèche-linge et congélateur.
" L'investissement s'élève au total à 50.000 euros, précise Gérard, ce qui n'est donc à la portée de tous. Le confort est optimum, même si le salon est un peu petit. Lorsque nous recevons nos grands enfants, nous louons des mobil-home à côté. Chacun est chez soi et vit à son rythme et nous partageons ensemble les repas ".
DES VOISINS AUSSI
Ils ne sont pas les seuls à vivre à l'année au camping. Près d'eux sont installés deux couples de retraités dont des Anglais et deux célibataires. Dorothée et Gérard passent six mois par an dans ce camping.
" Ce mode de vie va s'amplifier dans les années à venir à cause du manque de logements, analyse Gérard. Quant à nous, nous avons trouvé ce que nous cherchions, nous n'avons aucuns regrets. Et lorsque nous serons plus âgés, nous louerons une petite maison de plain-pied. Le côté positif de cette vie, pour notre famille recomposée, c'est qu'il n'y aura pas de problème d'héritage ! ".
OUVRIERS EN GÎTE

Gaëlle, son compagnon et leurs enfants ont délaissé leur mobil-home cet hiver pour un gîte plus confortable… |
Depuis un an et demi Franck Devlechouver a posé ses valises au camping de Saint Hilaire-les-Places. Il vit en gîte la plupart du temps et en mobil-home l'été.
Ce plombier chauffagiste de Cognac a choisi ce mode d'hébergement pour raison professionnelle. Il travaille sur de gros chantiers BTP à Limoges pour le compte d'une entreprise. Il rentre tous les week-end chez lui pour regagner aussitôt son gîte avec ses deux enfants.
" Je ne vois que des avantages à vivre comme ça, je partage la location avec un collègue, nous payons 250 euros par mois, soit 125 euros chacun plus l'électricité. Impossible de trouver moins cher ! Nous sommes autonomes, libres de rentrer à l'heure qu'on veut et non pas à un horaire imposé comme à l'hôtel. Et nous mangeons ce que nous voulons. Le gîte est équipé de deux chambres, nous sommes donc indépendants. Cet endroit est idéal, on est au calme, ça nous ressource après le travail. On a l'impression d'être chez nous ".
Avant Franck couchait et dînait à l'hôtel. Vivre en camping lui a permis d'économiser un peu sur ses frais de déplacement.
" Cela permet d'arrondir les fins de mois, il faut bien qu'on gagne un peu plus en déplacements. Beaucoup de collègues nous demandent pourquoi nous avons fait ce choix. Nous sommes des marginaux par rapport à eux. On fait les courses, on prépare nos repas, mais je n'y vois pas d'inconvénients, c'est la liberté ".
DECOUVRIR LA REGION
Les beaux jours venus, le tandem reviendra en mobil-home, avec un loyer mensuel équivalent.
" On aura l'impression d'être en vacances, admet en rigolant Franck. Comme je reste sur place les week-end j'en profite pour découvrir la région avec mes enfants. Les paysages sont magnifiques, nous faisons des balades, nous visitons les églises, les enfants adorent ça ".
Il constate cependant que de plus en plus d'entreprises optent pour ce mode d'hébergement. A la grande satisfaction de la commune qui peut ainsi louer toute l'année une partie de ses quinze gîtes.
MOBIL-HOME EN FAMILLE
Vivre dans un camping ce n'est pas nouveau pour Gaëlle, jeune maman de Limoges. Depuis son enfance elle est toujours partie en vacances au camping avec ses parents puis avec son conjoint Luigi. Mais vivre dans un mobil-home avec un bébé, une fillette de cinq ans, un chien et un chat relève du défi. C'est pourtant ce mode de vie à part que toute cette famille a choisi entre avril et début décembre.
Le couple construit sa maison à Saint Hilaire-les-Places. Pour éviter de payer un loyer, ils ont investi dans un vieux mobil-home et campé huit mois près de leur chantier. L'hiver les a obligés à quitter leur logement, devenu impossible à chauffer, pour un gîte en dur situé sur le camping de la commune.
" Nous n'avions pas prévu ça, explique Gaëlle, il nous faut plus de temps pour finir les travaux. Luigi avait commencé avec un ami et il s'est retrouvé seul pour y travailler les week-end. Depuis cinq ans nous habitions à la ZUP, nous voulions être propriétaires. Cette situation nous satisfait, nous aimons la nature, ma fille joue dehors, l'environnement est tranquille, nous ne regrettons pas la ZUP ".
L'HIVER EN GÎTE
Pour bénéficier de meilleures conditions d'hébergement le couple loue, depuis quatre mois, ce gîte meublé tout confort avec deux chambres, terrasse et vue imprenable sur le lac.
" On adore se balader, avec la neige, les paysages étaient superbes tout comme ce lac gelé. Nous avions l'impression d'être en vacances à la montagne. Nous sommes régulièrement en contact avec les employés de la mairie, gestionnaire du hameau de gîtes. Les rapports humains sont très différents, ils nous connaissent, prennent des nouvelles. Il n'y a plus ce côté anonyme de la cité. Même les oiseaux viennent devant la porte pour manger les graines que nous leur donnons. Cette vie nous correspond ".
Cet hiver quatre gîtes ont été occupés. Avant cette première expérience, le couple a vécu quatre mois dans un mobil-home sur un camping des Landes lorsque Luigi avait trouvé un emploi loin de Limoges.
" C'était très différent, j'étais enceinte de ma première fille et nous y avons habité de mai à septembre avec un sentiment de liberté totale. Nous avions des voisins curistes très sympas, on s'entraidait, la solidarité était la règle. Bien que nous avions les sanitaires dans le mobil-home, nous allions au bloc sanitaires pour discuter avec les autres campeurs. Lorsque nos enfants seront plus grands, nous repartions en vacances au camping car l'hôtel ce n'est pas notre truc ! ".
La suite de " Camping " devrait, de nouveau, doper la fréquentation des campings cet été.
Corinne MÉRIGAUD
Photos © Yves Dussuchaud
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Micro trottoir : pourriez-vous vivre au camping toute l'année ?
Elodie, étudiante
" Je me vois mal avoir passé cet hiver, très rude et très long, au camping. Je trouve cela inadmissible que des gens y soient contraints. On se fout du monde si on pense que cela peut être une solution au mal logement. "
Alain, conseiller pédagogique
" Certes non ! Les conditions météo en Limousin ne s'y prêtent vraiment pas. Ce n'est pas un mode d'habitat qui me fait envie et je ne l'ai d'ailleurs jamais pratiqué. Les français ne sont pas un peuple de nomades ! "
Fabien, informaticien
" Cela ne me parait pas très compatible avec ma profession. Je regrette que certains ne puissent faire autrement. Je ne peux néanmoins pas dire que cela me révolte, car je ne vois pas de solutions miracles pour y remédier. "
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Un secteur qui pèse lourd
1er mode d'hébergement touristique marchand.
2e parc au monde après les Etats-Unis.
1er parc européen.
100 millions de nuitées par an.
3 millions de lits.
6 millions de campeurs français et 2 millions d'étrangers.
13.458 salariés permanents et 16.848 saisonniers.
10.430 terrains de camping.
2 400 terrains publics.
120 Parcs Résidentiels de Loisirs.
1.711 aires naturelles et campings ruraux ou à la ferme.
934.654 emplacements.
83.051 mobil-homes à louer.
6.870 caravanes à louer.
282 caravaneiges.
856 campings ouverts à l'année (82.476 emplacements).
En Limousin : fréquentation estivale en hausse de 4,6 % en 2009, après deux ans de baisse, soit plus de 196.000 touristes de mai à septembre pour 772.600 nuitées.
Sources : Fédération Française Camping Caravaning, INSEE Limousin. |
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