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La pêche en Allier Grandeur nature
Avec 1300 kms de rivières, l'Allier est le paradis des pêcheurs de plus en plus nombreux à taquiner le poisson. Ils sont 12000 dans le département sur 1.4 million en France à pratiquer ce loisir " nature " dans un environnement préservé et protégé.
" Bredouille ! " Sur les bords du Cher, à Lavault-Sainte-Anne près de Montluçon, le mot revenait souvent dans la bouche des pêcheurs rassemblés, en ce deuxième samedi de mars, jour traditionnel d'ouverture de la pêche à la truite. Sur les 330 kilos lâchés quelques temps plus tôt, 2.5 tonnes sur l'ensemble des cours d'eau de 1ère catégorie du département, le salmonidé n'a pas mordu à l'hameçon. A la mouche, à la cuillère, au mort manié ou au toc, le pêcheur n'a pas réussi à leurrer le poisson. A quelques exceptions près, les bourriches sont restées vides. Mais le département ne se limite pas aux Gorges du Cher. L'Allier compte 600 kms de cours d'eau de 1ère catégorie offrant une grande diversité et un environnement idéal pour pratiquer ce loisir " nature ". Certains d'entre eux, le Barbenan, le Sichon amont et la Besbre, renferment encore des populations, plus rares de nos jours, de truites sauvages. Partout, ces eaux vives, fraîches et bien oxygénées abritent une faune importante où la fario, emblématique des lieux, cohabite avec d'autres espèces comme l'ombre commun, le goujon ou le vairon.
A ces 600 kms, il convient d'en ajouter 760 kms en 2ème catégorie. Situées en plaine, ces eaux plus calmes sont majoritairement peuplées de cyprinidés, ablettes, gardons, brèmes, carpes et de carnassiers, sandres, brochets, black-bass... Avec en tête, l'Allier et le Cher en aval de Lavault et toute une cohorte de plans d'eau et petites rivières aux dimensions plus limitées. Le paysage halieutique du département offre de quoi assouvir sa passion.
Un engouement croissant
Ici comme ailleurs, le nombre de pêcheurs augmente chaque année. + 3 % entre 2008 et 2009 pour 1.418 million de pratiquants. Un loisir qui se féminise (5 % des pratiquants adultes) et se rajeunit avec de jeunes adeptes. L'Allier n'échappe pas à cette progression. " Cette année, nous avons recensé 12 000 pêcheurs réguliers, auxquels s'ajoutent les pêcheurs occasionnels surtout pendant les vacances, " se satisfait Mickaël Lelièvre, chargé de mission auprès de la Fédération de l'Allier de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique. Des chiffres qui nécessitent d'éduquer les pratiquants. " Notre rôle est d'organiser et de promouvoir la pêche de loisir. Nous proposons par exemple nombre d'activités spécifiques et on compte une petite dizaine d'écoles de pêche dans l'Allier. Les jeunes sont " formatés " pour être respectueux de l'environnement et du poisson. Il existe aussi dans le département des parcours dits " no kill " qui favorisent une pêche qui n'abîme pas le poisson, systématiquement remis à l'eau après la prise. Je pense à l'ouverture, le 3 avril, d'un nouveau plan d'eau de 17 ha, entre Saint-Pourçain et Varennes, Villemouze, dont le but est de privilégier l'aspect sportif de la pêche. Ensuite, l'automne prochain, on ouvre un réservoir de pêche à la truite à la mouche à Venas près de Cosne d'Allier. "
La police des rivières veille.
Pour pratiquer, on doit être en possession de sa carte de pêche, ni plus ni moins un permis de pêcher. Car attention, la pêche a ses codes. On ne pêche pas où on veut, quand on veut, comme on veut. On ne prend pas tous les poissons, on rejette les plus petits et on se limite à un certain nombre. Par exemple, Dame truite doit atteindre 23 centimètres et le pêcheur doit se limiter à 6 prises par jour. S'il ne joue pas le jeu, les garde-pêches, la police des rivières, des bénévoles formés et assermentés, ne manqueront pas de le sanctionner. " On est là pour veiller au respect des règles, explique Jean-Yves Kustelak, garde sur le secteur montluçonnais. On vérifie que le pêcheur a bien sa carte et qu'il n'a pas poussé le bouchon trop loin. Si c'est le cas, nous verbalisons. D'autre part, en parfaits connaisseurs de cet environnement, notre rôle est de le défendre et le protéger. " Les fédérations contribuent à l'amélioration de la qualité des eaux et agissent sur la biodiversité. Si l'empoissonnement spontané est trop lent, elles procèdent à des déversements pour régénérer la population. Petit à petit, les poissons se réapproprient les habitats et reviennent tout naturellement.
Attention prédateurs !
Des efforts importants sont donc faits pour protéger nos rivières. Alors, comment ne pas être en colère quand, en longeant les berges du Cher, on trouve des packs de bières, vides évidemment, laissés là par quelques uns. Un coup à saper le moral des gardes ! " Franchement, quand ils remballent leur matériel, ils peuvent aussi emporter leurs déchets, enrage Jean-Yves Kustelak. C'est la moindre des choses ! Je n'incrimine pas forcément les pêcheurs ; il n'y a pas qu'eux qui fréquentent les rives mais quand même. Ça, c'est aujourd'hui et aujourd'hui, il n'y a que des pêcheurs ! Bon d'accord, le phénomène est marginal ! Il y a bien d'autres fléaux. "
Comme la pollution. Ces derniers temps, la presse s'est fait l'écho de la problématique liée aux PCB (PolyChloroBiphényles, mélanges industriels utilisés à partir des années 1930 interdits depuis 1972). " Les poissons interdits à la consommation. " " Des PCB dans nos rivières. " Des titres affolants. On ne peut plus manger de carpes, brèmes, barbeaux, anguilles ou autres silures. Remarquez… ce ne sont pas les plus recherchés pour leur valeur gustative. " Les normes européennes sont strictes, explique le chargé de mission. On doit s'y plier mais pour que cela nuise à la santé, il faudrait en consommer énormément ! " Les seuils, basés sur des statistiques tout droit sorties de bureaux de technocrates, peuvent être revus à la baisse. Dans la région lyonnaise, une des premières touchée, on assiste à un retour en arrière.
Les PCB ont bon dos. Un prédateur, bien plus méchant, plane au-dessus de nos rivières. Un oiseau marin, figurez-vous. Le cormoran. " Alors ça, c'est une saloperie ! fustige Jean-Yves Kustelak. C'est bien de protéger les espèces mais là, c'est un réel problème. Aujourd'hui, on en trouve des colonies installées partout. Et un cormoran, ça engouffre entre 400 et 500 grammes de poissons par jour. " Comme quoi, il y a des braconniers de tous poils ! Heureusement, au milieu de toutes rivières et cours d'eau, des hommes de bonne volonté se battent et même si leur tâche n'est pas un long fleuve tranquille.
Marie Brun
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Micro-trottoir : La pêche, c'est une activité que vous pratiquez ?
Alain, 56 ans, retraité
" J'ai découvert ce loisir quand j'étais enfant. Depuis 35 ans maintenant, je pêche uniquement à la mouche, particulièrement dans La Sioule. C'est une passion, même si je ne vais pas jusqu'à fabriquer mes mouches. Au mois de juin, je pars au Québec avec des amis pêcher le saumon. C'est un voyage que j'attends impatiemment et depuis longtemps ! "
Juliette, 43 ans, jeune retraitée
" J'ai toujours plus ou moins pratiqué la pêche. En famille ou entre amis. Avec mon ami, on pêche surtout dans les étangs mais j'ai déjà pêché en rivière. Pour moi, c'est un loisir plutôt très sympa et un incomparable moment de détente. Et quand je suis au bord de l'eau, c'est le meilleur moyen pour faire le vide dans ma tête ! "
Claude, 46 ans, cheminot
" C'est mon père qui m'a fait découvrir la pêche quand j'étais enfant. Depuis, je n'ai jamais cessé de fréquenter les berges des rivières. Je pratique régulièrement, seul, en famille ou entre amis. Personnellement, je préfère la pêche du carnassier au vif et je traque plus particulièrement le sandre. Un bon sandre, c'est très bon à manger ! "
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