LE TITRE est on ne peut plus explicite : un regard porté sur un siècle d’existence. D’exceptionnelle, cette longévité est heureusement en passe de devenir presque fréquente. Comme l’écrit Anna Bénassy au tout début de son douzième volume : « Mon livre, je le propose. Que ceux ou celles qui liront ces pages veuillent bien les accueillir comme un mouvement vers eux ». A son habitude, et selon une fantaisie qui saura entraîner le lecteur de bonne volonté, souvenirs et réflexions vont alterner, avant que la poésie, mode d’expression ô combien privilégié par l’auteur, ne vienne clôturer le nouveau « mélange ».
La centenaire, née le 22 août 1907 à Turenne en Corrèze, qui pense avoir eu une vie bien ordinaire, a pas mal voyagé, son père travaillant aux Chemins de fer. Une enfance à Poitiers, Nantes, Bort-les-Orgues, puis Angoulême, Bordeaux, Marseille, le lycée de jeunes filles de Limoges durant son professorat, avant de revenir à Bort-les-Orgues.
Mère de quatre enfants, il lui était difficile de trouver le temps d’écrire, et surtout de publier. Mais, comme elle l’avoue, il y a toujours eu chez elle un certain tiroir où elle glissait surtout des poèmes. Les enfants élevés, la retraite obtenue, une nouvelle liberté allait lui ouvrir le royaume de la littérature.
Et de conclure : « C’est bien joli de vivre 100 ans. Mais est-ce que j’ai aimé la vieillesse. Pas sûr. J’ai toujours essayé de la tromper. Mon plus grand plaisir, ce serait d’avoir un jour de paix, pas hanté par la vieillesse. Parce que ce que j’ai aimé avant tout, c’est le monde ».