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  PUY-DE-DOME HAUTE-VIENNE ALLIER
Edition du 04 / 09 / 2010
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» Article paru le : 12/09/2007
» Sur les éditions : Puy-De-Dôme
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Saint-Pourçain : l’heure des vendanges a sonné.


L’ETE trépasse et cède sa place à la saison des feuilles mortes et des vendanges. L’un des plus anciens vignobles de France tâte ses grains, prêt à mettre en route les machines et récolter les grappes tant convoitées.
Longtemps servi à la table des Rois de France, le vin de Saint-Pourçain a depuis perdu de sa renommée avec l’arrivée sur le marché des grands crus bordelais. Pourtant, près de 35 000 hectolitres de vin sont produits chaque automne et distribués en France et à l’étranger. Seulement cette année, les perspectives de production semblent beaucoup plus humbles. « Avec l’ensoleillement d’avril, nous avons eu un démarrage précoce de la vigne, explique Thierry Jaloux, responsable de la « commission vigne » de l’Union des Vignerons de Saint-Pourçain. La végétation avait pris une avance de quinze jours avant l’été. Mais les mois de juillet et août ont été plus froids et pluvieux. Du coup, la floraison est trop irrégulière sur de nombreuses parcelles. Nous ne pourrons débuter les vendanges avant le 15 septembre et elles vont probablement s’étaler sur trois semaines. Certains îlots ont une maturité beaucoup trop tardive, notamment les secteurs qui ont souffert de la grêle.»
Grêle, humidité, manque d’ensoleillement, les vignes saint-pourcinoises doivent s’adapter aux aléas climatiques, mais Thierry Jaloux espère tout de même une récolte de 28 000 hectolitres.


Une production collective.

L'Union des Vignerons gère les deux tiers de la production saint-pourçinoise, ce qui représente environ cent trente vignerons et plus de six cents hectares de vignes. Les quelques vignobles indépendants, bénéficient tout de même du soutien mécanique de la coopérative. « Désormais, les vendanges sont à 95% mécanisées. Depuis l’arrivée de la première machine en 1981, le travail manuel se fait très rare sur le vignoble. » Dès le lancement des vendanges, ce sont une dizaine de machines qui vont écumer les ceps, trier et remorquer les grains prometteurs jusqu’à la coopérative. Sur place, la fermentation et la vinification sont effectuées avec précision. La moindre différence de température peut altérer irrémédiablement l’arôme du précieux liquide. Une fois le travail de vinification terminé et le bouchon bien vissé, la production quitte le nid.
«Nous exportons un peu en Grande-Bretagne et en Belgique, et bientôt nous allons nous attaquer au marché américain qui est plutôt difficile. Mais, notre plus grand client reste bien évidemment l’Auvergne, et juste derrière, la région parisienne. Elle représente un large marché, notamment grâce à la Ficelle ».
La fameuse Ficelle ! Les bistrots parisiens en raffolent, chaque millésime a droit à sa dégustation médiatisée. « Nous jouons énormément sur ce type d’opération commerciale afin de mettre en valeur notre production, appuie Thierry Jaloux. Nous en avons énormément besoin parce qu’avec la crise actuelle, les ventes perdent de la vitesse. »


Une crise incontrolable.

Depuis une vingtaine d’années, on plante à tour de bras de la vigne, de la vigne et encore de la vigne. La production mondiale ne cesse de s’accroître, notamment chez les nouveaux producteurs vinicoles comme l’Argentine, le Chili, les Etats-Unis…Les produits internationaux envahissent les marchés et la France tend à perdre de son « hégémonie ». « Le secteur va très mal depuis deux-trois ans, s’inquiète Thierry Jaloux. L’Europe voudrait faire arracher deux à trois mille hectares, alors de notre côté nous sommes obligés de ralentir les ventes en diminuant notre production. »
Même si le Saint-Pourçain réussit à récupérer des parts de marché grâce à son vin blanc au cépage encore unique, il lui est tout de même difficile de garder le goulot hors de l’eau face aux grands crus.
« Comment pouvons-nous concurrencer avec des vins de Bordeaux qui coûtent à peine deux euros la bouteille !s’indigne le producteur. Si encore la surproduction mondiale était l’unique facteur de cette crise ! »
En dix ans, la réduction de consommation de vin par personne a été de 12.8%. Depuis l’application de la loi Evin, les français ont nettement modifié leur comportement vis à vis de l’alcool. Les conducteurs se doivent d’être davantage vigilants et n’excèdent que rarement les deux verres recommandés. De fil en aiguille, les commandes chutent et les productions en pâtissent. Pourtant, la France reste le premier producteur mondial de vin, à parité avec l’Italie, et le premier consommateur.


Marie Mendès

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