Claude Lacan " Ma carrière est le parcours d'un huma-niste… "
Depuis l'âge de dix ans, il fait partie du paysage médiatique régional. A 80 ans Claude Lacan n'a rien perdu de ses souvenirs journalistiques qu'il raconte sans se lasser.

" J'aurai aimé aussi être guitariste de jazz, cheminot, aviateur… "
(Photo © Yves Dussuchaud)
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Info.- Comment a débuté ta carrière de photographe ?
Claude Lacan.- Mon père Jean était photographe professionnel, il avait ouvert en 1934 un magasin rue Théodore Bac et collaborait au Courrier du Centre. A 10 ans je l'accompagnais sur des reportages. Je me souviens des premiers, un meeting aérien à l'aérodrome de Feytiat, les essais du premier trolleybus en 1939, l'inauguration de l'émetteur radio à Nieul, les Ostensions, les concours hippiques et cérémonies militaires du 20ème Dragon à Marceau.
I.- Ce métier était donc une évidence ?
C. L.- J'aurai aimé aussi être guitariste de jazz, cheminot, aviateur. En 1947 je travaillais avec mon père et faisais des reportages photos pour le Populaire. Je passais des heures au labo pour développer 150 pellicules par jour et tirer les plaques à livrer le lendemain. Je faisais des reproductions, souvent pour l'armée. En reproduisant la carte d'un champ de tir, je me suis trompé d'un millimètre. Les soldats ont tiré sur une maison au mortier à cause de mon erreur !…
l.- En 1949 la découverte de l'uranium en Limousin fut le scoop de ta vie ?
C. L.- On avait eu l'info par le correspondant local. Je suis parti à Saint Sylvestre dans la Simca 8 avec le " rédac chef " André Robert Soulier et le chauffeur du journal Maurice Fougère. A la mairie on a vu l'offre d'emploi " On demande des ouvriers terrassiers pour l'exploitation de l'uranium ". J'ai fait des photos des premiers ouvriers qui faisaient des fouilles à Chabannes pour l'Etat, alors que c'était interdit d'entrer sur le chantier.
I.- Comment s'est terminé ce reportage ?
C. L.- Nous avons été arrêtés par les gendarmes d'Ambazac et placés en cellule. Interrogé, Soulier refusa de donner ses sources. L'info sera vite connue et des articles publiés par la presse parisienne et étrangères. Soulier et moi-même n'avons pas profité du bénéfice financier substantiel qu'on aurait pu espérer de ce scoop mondial.
I.- As-tu côtoyé des photographes célèbres ?
C. L.- Izis, de son vrai nom Israël Bidermanas, était réfugié en Limousin durant la seconde guerre, comme ses amis juifs allemands Haussman et Estra né Strauss. C'est mon père Jean qui lui a procuré le papier pour les tirages de sa première exposition photos sur les maquisards limousins.
I.- Quand as-tu commencé à écrire ?
C. L.- J'ai commencé au Popu en faisant les légendes de mes photos puis les compte-rendus des comices agricoles. J'ai rédigé des pages entières plus tard pour Limousin Magazine. Le directeur, René Dessagne, m'a incité à écrire mon premier livre.
I.- La plus grosse satisfaction de ta longue carrière ?
C. L.- C'est d'avoir apporté ma petite pierre à la région et contribué au devoir de mémoire. Ma longue carrière constitue un parcours d'humanisme et d'humilité, un regard sur le monde et son évolution à travers celle de la presse en totale mutation. Mon parcours est riche de souvenirs, j'ai pu m'exprimer en parfaite liberté, quitte à sacrifier parfois profit ou promotion.
Propos recueillis par
Corinne Mérigaud
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CV express
1929
Naissance à Limoges.
1944
Premier reportage photos sur la libération de Limoges.
1946
Brevet de commerce après 4 ans à l'ENP.
1947
Entre au Populaire comme photographe.
1968
Rédacteur photographe à Centre Presse.
1975
Collaborations pour Limousin Magazine puis FR3 Limoges.
1978
Publie son 1er livre " Le Limousin de la défaite et de l'occupation ", dix suivront.
1982
Création d'Info Magazine, responsable rédactions Haute-Vienne et Corrèze.
1997
Prend sa retraite. |
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