Bernard Lesterlin " Le service civique est un engagement volontaire "
Le député de l'Allier Bernard Lesterlin est, au titre de l'Assemblée nationale, membre du Comité Stratégique de l'Agence du Service Civique présidée par Martin Hirsch.

1 : Bernard Lesterlin : "Pour l'année 2010, le service civique devrait atteindre l'objectif modeste de 10.000 jeunes mais nous comptons, dès 2014, toucher 75.000 jeunes, soit 10% d'une classe d'âge". (photo christine depeige)
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INFO-MAGAZINE : Qui a mis en place la proposition de la loi sur le service civique et pourquoi ?
BERNARD LESTERLIN : La proposition de loi a été déposée au Sénat par Yvon Colin (Sénateur Radical de Gauche du Tarn et Garonne) mais c'est un thème relativement consensuel en France puisque Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal, en tant que candidats aux élections présidentielles avaient programmé l'instauration d'un service civique.
D'initiative parlementaire, elle a été reprise par le gouvernement représenté par Martin Hirsh qui, à l'époque, était Haut-Commissaire au RSA et à la Jeunesse. Depuis son départ du gouvernement, il a été nommé président de l'Agence du Service Civique. La loi fut promulguée le 10 mars dernier après un débat successivement au Sénat puis à l'Assemblée nationale.
I : Quel est votre rôle au sein de cette commission ?
B.L : J'ai été nommé membre du Comité Stratégique au titre de l'Assemblée nationale avec ma collègue Claude Greffe, rapporteure du texte sur lequel nous avons travaillé et amendé pendant des mois. Un texte forcément de compromis mais qui a eu l'agrément du groupe socialiste et radical de gauche que je représentais, de la majorité et du gouvernement. Cela n'a pas été facile mais nous avons tous travaillé dans un esprit qui a permis d'aboutir rapidement à cette nouvelle forme non militaire du service national.
De plus, j'ai proposé de m'occuper de la mise en place de la gestion de proximité du dispositif et que soient créées à titre expérimental, des commissions locales au niveau des sous-préfectures pour rassembler autour du représentant de l'Etat l'ensemble des partenaires locaux (missions locales, associations ou collectivités accueillant des jeunes, des proviseurs, etc.).
I : Qu'est ce que le service civique ?
B.L : Sur le plan juridique, le service civique est intégré dans le code du service national et remplace le service militaire suspendu par Jacques Chirac il y a une dizaine d'années. Ce faisant, le service national passe de l'objectif de la Défense de la Nation à deux nouveaux objectifs qui sont : la cohésion nationale et la mixité sociale.
I : A qui s'adresse-t-il ?
Il s'adresse aux jeunes hommes et jeunes femmes à partir de 16 ans (qui est l'âge de la fin de la scolarité obligatoire) et il est pris en charge par l'Etat jusqu'à 25 ans révolus.
I : Est-ce considéré comme un emploi ?
B.L : Non. C'est un engagement sur la base du volontariat, pas un emploi, c'est la raison pour laquelle le service civique ne relève pas du code du travail. C'est un engagement envers la Nation qui, en contre partie, indemnise et assure la couverture sociale à 100%. Le service civique fait l'objet de la signature d'un contrat entre le jeune et l'organisme d'accueil (Collectivités Territoriales, Associations agréées et Etablissements publics) qui propose la mission de service civique. Le contrat doit être d'un minimum de 6 mois et d'un maximum de 12 mois.
I : Quel est le montant de l'indemnisation ?
B.L : Nous avons voulu harmoniser le niveau de l'indemnisation qui est plus importante que ne l'était la solde du Service Militaire, avec les pays européens qui sont en avance sur nous en matière d'organisation du service civique comme l'Allemagne et l'Italie. Ainsi elle a été fixée à 450€ pour mois, augmentée de 100€ pour les jeunes en difficultés économiques particulières.
I : Combien pensez-vous toucher de volontaires ?
B.L : En cette 1ère année 2010, l'objectif modeste a été fixé à 10.000 jeunes avec une montée en puissance chaque année qui devrait permettre d'atteindre 75.000 jeunes volontaires d'ici 2014, c'est à dire 10% d'une classe d'âge.
I : Sur le département de l'Allier, que comptez-vous faire pour sensibiliser les jeunes ?
B.L : Sur le département de l'Allier que nous avons retenu comme département test, nous allons créer une commission locale de concertation dans chacun des trois arrondissements (Montluçon, Vichy, Moulins) en nous appuyant grandement sur l'expérience acquise par la Ligue de l'Enseignement qui était très impliquée dans le service civile volontaire. Par ailleurs, l'ancienne JAPD (Journée Appel Préparation Défense) obligatoire pour les jeunes (filles et garçons) de 17 ans a été transformée par la loi en " Journée Défense Citoyenneté ". Nous allons réfléchir aux nouvelles modalités pour sensibiliser les jeunes à travers cette journée, aux opportunités nouvelles qu'offre le Service Civique.
A ce titre, je compte participer à la 1ère journée de rentrée, le 8 septembre à l'Ecole de Gendarmerie de Montluçon.
Entretien christine depeige
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CV EXPRESS
1949 : Naissance le 18 septembre à Vienne dans l'Isère.
1971 : Diplômé de Sciences Po
1985-86 : Sous-préfet, administrateur supérieur des Iles Wallas et Futuna
1986-90 : Sous-préfet dans le Gard, puis directeur de cabinet du préfet de Région dans le Languedoc Roussillon
1990-1993 : Fait sa mobilité à la Compagnie Air Inter à Paris en tant que responsable des aéroports français.
1993-1996 : Coopération au Bénin, conseiller auprès du Gouvernement du Bénin pour la décentralisation.
1996-2000 : Administrateur des Iles Marquises en Polynésie française
2000-2002 : Sous-préfet de Montluçon
2007 : Elu député de l'Allier
2010 : membre du Comité Stratégique de l'Agence de Service Civique
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