Claude Michy : " L'intérêt du public passe seulement par les résultats "
Le Clermont Foot Auvergne pointe en quatorzième position de la Ligue 2. Un début de parcours maussade qui ne traumatise pas Claude Michy, son président. Entretien…
INFO : Que vous inspire ce début de saison plutôt décevant ?
CLAUDE MICHY : Nous sommes un peu en avance par rapport au championnat de l'an dernier. Et nous avions pourtant terminé à la sixième place. En réalité, il faut prendre une compétition dans sa globalité et ne pas tirer d'enseignements trop tôt, sachant que cent points restent à distribuer d'ici le printemps. Bref, ne nous emballons pas ni dans un sens, ni dans l'autre.
I : N'est-il pas lassant de devoir reconstruire chaque année une formation nouvelle ou presque ?
C.M : Nous avons changé d'entraîneur l'an dernier et, en même temps, obtenu le prêt de quatre joueurs. Cette fois, le recrutement a été conçu avec un souci de stabilité, de construction de quelque chose. Lorsqu'on repart avec des gens nouveaux, un laps de temps est évidemment nécessaire pour créer l'osmose, réussir un amalgame et mettre en place des automatismes. Mais s'il existe de la qualité, cela peut s'avérer intéressant. J'ajoute que ce va et vient permanent ne concerne pas simplement le Clermont Foot Auvergne mais bel et bien la plupart des clubs professionnels.
I : L'été dernier, vous annonciez, pour objectif, la montée en Ligue 1 d'ici trois ans. Est-ce toujours d'actualité ?
C.M : Le début de saison actuel ne va pas remettre en cause notre projet à moyen terme. Lorsqu'on garde un entraîneur, que l'on essaie de construire un ensemble sur du solide et que l'on bénéficie du soutien d'une collectivité, on se doit d'affirmer des ambitions. Et le public a besoin aussi de résultats.
I : Le titre remporté enfin par l'ASM ne constitue-t-il pas la pire des nouvelles pour le Clermont Foot Auvergne ?
C.M : Si l'ASM gagne, c'est qu'elle le mérite. Après, les autres évoluent en fonction de leurs performances. Pour notre part, nous avons effectué une belle saison dernière, en luttant pour l'accession jusqu'à l'ultime journée. Le club peut compter sur des partenaires fidèles, d'autres nous ont rejoint et notre vie associative se révèle assez riche. Cela dit, le balancier penche plus ou moins favorablement en fonction de la situation sportive
I : Malgré cette 6ème place inattendue, le budget subit une légère diminution. Comment l'expliquez-vous ?
C.M : Une seule explication : le droit à l'image collective a été supprimé. En soi, cela tient du scandale. Des lois sont édictées, on établit des contrats en fonction de ces règles. Et puis, l'État, de manière arbitraire, décide qu'il en est autrement. Pour nous, cette décision représente une perte de 250.000 euros. Notre budget s'élève à 6,9 millions… Certains concurrents présentent des moyens bien supérieurs et ils sont parfois sérieusement endettés. Ca n'est pas ma conception de la gestion.
I : Vous étiez très remontés contre l'équipe de France au moment de la Coupe du Monde. La colère est-elle retombée ?
C.M : Les conséquences de l'attitude des bleus en Afrique du Sud se font sentir aujourd'hui en Ligue 1 comme en Ligue 2. Le public est en baisse de manière significative, les annonceurs ferment le robinet et des partenaires risquent de se tourner vers d'autres sports. Les joueurs de l'équipe de France, eux, vont garder leurs salaires mais ce ne sera pas le cas des moins huppés. Bref, il va y avoir de la casse. Que fait-on face à ce constat ? Une réunion de l'UCPF va avoir lieu ces jours-ci où le sujet sera abordé. Personnellement, je veux savoir s'il existe juridiquement des bases afin que les responsabilités ne tombent pas dans l'oubli. Et si je dois aller tout seul au front, je n'exclus pas la possibilité de le faire…
I : Le monde du football, que vous découvrez, ressemble-t-il à celui des sports mécaniques, dont vous êtes un acteur ?
C.M : Toutes les tribus possèdent leurs règles. Peu importe où l'on va. Là où les choses deviennent plus délicates, c'est lorsqu'il y a davantage de médiatisation et davantage d'argent. Le monde du football ressemble aux autres univers. Avec une différence importante, toutefois, c'est l'énorme caisse de résonance. Le foot, c'est vraiment l'opium du peuple.
Entretien Marc FRANÇOIS.
CV Express
1949
Naissance à Clermont-Ferrand.
1965
Devient maître confiseur et est ruban bleu de la confiserie française.
1969
Effectue ses premiers tours de roue comme pilote dans la course automobile.
1973
4ème du championnat de France de Formule Renault.
1976
Organise le 1er salon auto-moto de Clermont-Ferrand à la Maison des Sports.
1983
Organise et s'occupe de la régie publicitaire du départ et de l'arrivée du Paris-Dakar.
1994
Depuis cette date, il est le promoteur et organisateur du Grand-Prix de France moto, aujourd'hui disputé au Mans.
2002
Coordonnateur des festivités d'inauguration de Vulcania.
2005
Achat du Clermont Foot Auvergne dont il est le président. |
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