Sostenuto rime avec Takashi Kondo

HIVER 2001. L’Orchestre d’Auvergne se produit à Arpajon-sur-Cère, dans le Cantal. Trente minutes avant le début du concert, Arie van Beek, le chef de la phalange régionale, est obligé de déclarer forfait, victime d’une gastro-entérite. Il est alors remplacé au pied levé par Takashi Kondo, l’un des violoncellistes de l’Orchestre.
Un vrai baptême du feu pour celui dont « le but a toujours été de diriger ». Finalement, ce dernier se sortira de la gageure sans encombres. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et Takashi Kondo n’a cessé d’emmagasiner de l’expérience, en dirigeant l’Orchestre d’Auvergne a plusieurs reprises, mais aussi d’autres formations.
« Arie m’a véritablement appris le métier. C’est non seulement un excellent chef d’orchestre mais aussi un très bon pédagogue », observe le musicien, reconnaissant.
Car à l’image d’Obélix pour la potion magique, ce surdoué est lui aussi tombé dans la marmite de la musique, en découvrant le piano à l’âge de deux ans. Une histoire de gènes, sans doute, puisque sa maman était cantatrice à l’opéra de Kansaï, au Japon, et son papa pianiste. Après avoir débuté le violoncelle « tardivement », à 12 ans, Takashi suit à 18 ans les cours de la prestigieuse Academy Karajan, à Berlin, un lieu où il pourra côtoyer les plus grands chefs comme Bernstein, Barenboïm ou Mehta, avant finalement d’intégrer l’Orchestre d’Auvergne, en 1983.
Outre son activité de violoncelliste, il se consacre toujours à son ensemble Passacaille, mais aussi à l’Orchestre Sostenuto, une formation symphonique née en 2006, composée de jeunes musiciens issus de plusieurs conservatoires français.
L’objectif est triple : « permettre tout d’abord à un jeune soliste de se produire pour une première expérience avec orchestre, inviter ensuite un grand concertiste afin de favoriser les rencontres avec les jeunes musiciens. Enfin, aborder une grande pièce du répertoire romantique ».
Et la recette fonctionne puisque trois concerts ont déjà été organisés à Clermont depuis l’an dernier. Takashi Kondo ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur ses jeunes protégés : « les qualité de l’orchestre sont excellentes, les musiciens sont volontaires et très demandeurs. Ils m’inspirent… ».
Prochain rendez-vous ? Dès le 28 octobre, à 20h30, à la Maison de la culture de Clermont-Ferrand, dans une programmation pleine de charme : « Syrinx » de Claude Debussy, « Le concerto pour violon » de Johannes Brahms avec Gilles Apap, « Fantaisie » de Gabriel Fauré avec Julie Moulin (flûte traversière), et la « Symphonie n°4 Italienne », de Mendelssohn. Locations dans les magasins de musique spécialisés ou sur place le soir-même.
J.-P. B.
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