Léon Nicolas : un auteur retrouvé

PUBLIER un ouvrage ou plutôt deux, trois quart de siècle après…pour les exhumer de leur passé en les sortant de leurs cahiers, c’est une gageure dont le seul mérite revient à un fils, plein d’amour et d’admiration pour son père. Chez les Nicolas, on est comme ça, on ne renonce jamais. La preuve aujourd’hui, deux romans signés Léon Nicolas et dont l’action se déroule essentiellement à Commentry et dans ses environs viennent d’être édités aux éditions des Cahiers du Bourbonnais, grâce à la pugnacité de son fils Jean Nicolas. Et d’ailleurs, c’est encore lui qui en parle le mieux. Parole.
« « La mine », le premier roman, mon père le termina en Allemagne où il accomplissait son service militaire dans les chasseurs alpins : il avait 21 ans. Les lecteurs y trouveront des personnages, des situations et des scènes datant de la grande époque du charbon, au début du siècle passé, avant la Grande Guerre. Car, l’intrigue de ce récit se situe bel et bien dans le milieu des mineurs, de leurs femmes et de leurs enfants, avec les joies et les peines souvent dramatiques, les amitiés ou les amours, les conflits parfois violents, la camaraderie, les passions et les haines exacerbées, bref, tout ce qui a fait le Commentry d’aujourd’hui. »
« « Les blancs » second ouvrage publié en même temps, remonte plus loin dans le temps, un siècle plus tôt environ. Commentry est alors un bourg rural (le vieux bourg) entouré de hameaux, dont la population se compose surtout de paysans, de bûcherons, et de quelques artisans au hameau de la Bouige où, déjà, des charbonniers se manifestent…Tous ces gens rudes mais pleins de bons sens, sont déchirés en 1793, entre républicains et royalistes avec dans un camp comme dans l’autre une galerie de portraits bien typiques et des rencontres fréquentes d’où la violence n’est pas exclue, loin de là ! D’ailleurs, le héros et l’héroïne, n’appartiennent pas forcément au parti dominant, en cette période troublée où se joue, au château des Forges comme ailleurs le sort de notre pays... »
Léon Nicolas est né au cœur de la cité commentryenne, rue Jean-Jaurés à l’époque, (rue de Paris). Il était très documenté, avec un grand-père mineur pour « La mine », et une grand-mère, petite-fille du deuxième maire de Commentry, pour « Les Blancs ».
Malheureusement, quatre après avoir achevé son second roman, Léon Nicolas mourut à l’âge de 32 ans, au grand chagrin de son père Félix, président de « l’Espérance » et de sa sœur qui deviendra chef de bureau à la mairie de Commentry, de son épouse Madeleine, et bien sûr de son fils, Jean. A ce propos, ses poèmes ont été édités en 2006 avec ceux de son fils : « Poèmes deux jeunesses », en vente Place du 14 juillet à Commentry.
c.d
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