Triple A : Les collectivités dans l'expectative
Le répit accordé par Moody's et Fitch n'occulte pas le séisme provoqué par la dégradation de la France par Standard's & Poors. Les collectivités locales réagissent…
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Après tout, la France n'a perdu qu'un triple A sur trois… © Valentin Uta
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Pour beaucoup d'observateurs, la perte du triple A par Standard & Poor's est d'abord la conséquence des difficultés rencontrées par la gouvernance européenne. Pour le Conseil général du Puy-de-Dôme, le principal responsable, c'est l'Etat. " La dégradation de la note française sanctionne l'échec de la politique gouvernementale, pas celle des collectivités locales. Il ne faut pas faire l'amalgame entre le déficit abyssal des finances de l'Etat et la gestion des collectivités. A la différence de l'Etat, les collectivités votent leur budget en équilibre et n'empruntent que pour financer leurs investissements. Elles n'ont pas de leçons de gestion à recevoir de l'Etat " insiste son président J. -Y. Gouttebel.
L'élu puydômois pense que l'Etat devra désormais emprunter à des taux plus élevés, ce qui " alourdira encore le déficit et risque d'entraîner le pays dans l'engrenage de la rigueur et de la récession ". Si tel est le cas, l'économie locale devrait aussi trinquer. Et la note des collectivités baisser de manière mécanique... " La dégradation de la note française pourrait, aussi, avoir des effets en cascade sur les collectivités territoriales en rendant l'accès au crédit plus difficile et plus coûteux " s'inquiète J.-Y. Gouttebel.
" Ne pas dramatiser "
Le Conseil régional d'Auvergne est plus mesuré, estimant que cette dégradation n'aura pas " d'impact et de conséquences particulières " au niveau des finances locales. Quant à Serge Godard, maire de Clermont-Ferrand et président de Clermont-Communauté, il insiste pour dire que les notes données par les agences ne sont pas toutes les mêmes, ce qui démontre que le système fonctionne mal. Selon lui, il faudrait une agence de notation publique. Il ajoute : " La politique de Sarkozy est sanctionnée par cette note, mais personne ne s'en réjouit. "
Les collectivités ont-elles réellement des raisons de s'inquiéter ? Pour l'instant, pas vraiment, selon J.-M. Serre, professeur de macro-économie et de finances du marché à Clermont-Ferrand. " En revanche, les effets seront sérieux si on perd un deuxième triple A ". Notamment chez les collectivités qui ont contracté des emprunts toxiques ou/et à taux variables. L'idée d'un emprunt public, à l'image de celui du Conseil régional, est en revanche une excellente idée pour ne pas subir les réactions du marché…
E. THEROND
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