Michel Renaud : « le carnet, une certaine idée du voyage »
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CENT trente carnettistes seront présents à Polydôme lors de la 8ème Biennale du Carnet de voyage les 16, 17 et 18 novembre. Un rendez- vous qui mêle subtilement l’évasion et le livre, le graphisme et l’exotisme. Michel Renaud, le président de l’association organisatrice « Il faut aller voir » évoque l’esprit de la manifestation et fait le point sur la prochaine édition.
Info : le carnet de voyage correspond- il à un phénomène littéraire de mode ?
Michel Renaud : le concept du carnet, en fait, remonte à loin. Michel Ange, déjà, en réalisait. Mais il est vrai que, depuis le milieu des années 90, les carnets de voyage ont le vent en poupe. Même si le genre demeure marginal dans la production littéraire en général. Il existe beaucoup d’auteurs qui réalisent souvent de petites séries. Le phénomène reste également très européen. Si les Français ont été les pionniers dans l’édition de carnets, ils sont rejoints aujourd’hui par d’autres pays du continent…
I : Le carnet de voyage représente un certain état d’esprit…
M.R : c’est d’abord une façon de voyager. Une façon différente qui nécessite un regard, une attention, une profondeur, un échange… On quitte alors la notion de zapping pour davantage s’attarder, s’intéresser, réfléchir. Et le carnet est aussi un geste créatif.
I : une biennale pour qui et pourquoi ?
M.R : nous ne sommes pas un salon du livre mais bel et bien une manifestation dédiée au voyage. Il n’existait pas, ailleurs, un événement spécifiquement réservé aux carnets de voyage. L’an passé, nous avons accueilli près de 10.000 visiteurs en trois jours et je crois que ce désir de voyager « autrement » est commun à l’ensemble de notre public. Celui- ci apprécie évidemment la rencontre avec les auteurs, la découverte des œuvres, mais aussi les expositions, les ateliers, les projections de films, les débats. Bref, un ensemble de choses qui- toutes- ont fait l’esprit de la manifestation. J’ajoute que le vendredi, nous accueillons environ un millier d’élèves et leurs professeurs et que cet axe pédagogique est très important à nos yeux…
I : quelles seront les caractéristiques de l’édition 2007 ?
M.R : l’Inde sera à l’honneur. C’est une destination actuellement très prisée des carnettistes, comme ce fut le cas de la Chine il y a quelques années. L’Inde est en plein bouleversement mais le pays a su aussi garder son âme. Les auteurs belges, l’année des pôles, une rencontre avec les voyageurs Sabrina et Roland Michaud seront quelques uns des autres rendez- vous. Lors de cette édition, nous lancerons également, avec « Médecins sans frontière », un prix du « carnet engagé ». Bref, un programme dense qui mêlera les deux visages de la biennale : le « in » et le « « off », les carnettistes invités et un vaste espace d’expression libre.
Entretien Marc FRANÇOIS.
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