Jean-Pierre Leclerc : « A l’heure de la première étoile »
AUVERGNE, 1968. Lucien et Miette, 75 et 73 ans, sont les derniers habitants du hameau de Tortembesse, au cœur du Cézallier. Margot, la cadette du couple, ne lui rend que de rares visites. Vincent, l’aîné, est parti sans donner de nouvelles, fuyant l’austérité familiale. Puis un jour, complètement par hasard, Lucien apprend qu’il est grand-père depuis 10 ans. Il décide alors de rendre visite à son petit-fils…
« A l’heure de la première étoile », le nouveau roman de Jean-Pierre Leclerc, s’attache à décrire un autre visage de mai 1968, éloigné des barricades, des affrontements et des pavés. Dans les campagnes, les préoccupations sont ailleurs. Les villages sont désertés, les traditions abandonnées. Le fossé entre générations se creuse chaque jour davantage, et les difficultés de transmissions finissent de gangrener un monde qui assiste à sa propre fin.
Le romancier raconte cette histoire oubliée avec une immense pudeur, à travers le regard d’un homme détruit qui réapprend à vivre. Situer l’action sur les plateaux auvergnats donne un éclairage inédit à cette époque trouble, que certains n’ont pas forcément vécue de l’intérieur, mais avec un regard détaché, à l’écart du tumulte et de l’agitation ambiants. Ce décalage est la principale force de ce récit efficace, facile à lire et bien documenté : « La véritable patrie de Jean-Pierre Leclerc, écrit Jean Anglade dans la préface, ce n’est pas l’Auvergne, c’est la Littérature ».
Jean-Pierre Lerclerc vit actuellement à Paris. Il partage son temps entre l’écriture et la comédie. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels « D’un hiver à l’autre » (prix Lucien Gachon, 1999), « Les années de pierre » (2001), « La rouge batelière » (2003), « L’Eau et les Jours » (2004), « Les sentinelles du printemps » (2004), « un amour naguère » (2005) et « Julien ou l’impossible rêve » (2006). Il également joué dans de nombreux films, téléfilms et pièces de théâtre.
« A l’heure de la première étoile », Jean-Pierre Leclerc, Presse de la Cité, 250 pages, 18,50 euros.
E.T.
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