E-Solex : De l’électricité dans l’air

« C’EST pas physique, c’est électrique… » fredonnait Robert Charlebois, le chanteur canadien. En matière de déplacement urbain, les temps changent aussi. Si la voiture électrique peine à se sortir du marasme, d’autres engins tentent de prendre le relais, à l’image de l’E-Solex ou Solex électrique. Et ce moyen de locomotion peut se targuer de ne rejeter aucune trace de CO2 dans l’atmosphère. Déjà ça. Au premier coup d’œil, le nouveau venu reprend la physionomie générale du modèle à papa. Côté design en effet, il rappelle résolument son illustre ancêtre, mais avec un design propre au 21e siècle. C’est d’ailleurs le bureau d’étude de l’italien Pininfarina qui a été chargé de redessiner et moderniser l’ensemble.
Et ce cyclomoteur électrique ne manque pas d’allure dans sa livrée noire, soulignée par trois couleurs de selle, au choix (le rouge « Scuderia » est particulièrement réussi). Différence de taille, le moteur n’est plus situé juste au-dessus de la roue avant, véritable signature de l’ancien Solex, mais une petite boite chargée d’accueillir le phare et quelques effets personnels a été conservée. « L’usine à gaz » a donc pris place dans le moyeu de la roue arrière.
« Son moteur électrique Bruschless de 400 watts a un rendement exceptionnel de 85 %. Celui-ci le range dans la catégorie des cyclomoteurs, avec casque et immatriculation obligatoires », souligne Marco, du magasin spécialisé Moto Plus, à Aubière.
Quant à la batterie de cinq kilos, amovible et rechargeable, elle est logée à l’intérieur du cadre. Capable d’encaisser 500 recharges pleines, il s’agit d’un modèle lithium-ion de 36 volts-15 Ah qui assure une autonomie de roulage d’une heure 30 environ, soit la possibilité de parcourir de 25 à 50 km suivant les conditions d’utilisation. Comptez sept à huit heures pour la recharger totalement, moitié moins pour une recharge partielle. Véritable cœur du Solex, cette batterie est facturée 370 € en magasin.
L’instrumentation est réduite à sa plus simple expression, et le guidon à deux branches très design enserre un compteur de vitesse rond, où s’affichent les diodes indiquant l’état de charge de la batterie.
1000 km pour 1 € de consommation électrique
En terme de comportement, bonne surprise. L’aléatoire tenue de route de l’ancien Solex, qui était une traction avant, est à ranger au rayon des souvenirs. Le contraire eut été étonnant. La conduite de l’E-Solex se rapproche en fait d’un vélo, en raison de son faible poids (40 kilos). Maniable à souhait, ce cyclo affiche une belle stabilité en toutes circonstances grâce à ses grandes roues de 17 pouces. Le freinage, confié à deux disques issus du VTT, remplit correctement son office même si le frein avant manque légèrement de mordant.
Doté d’une fourche avant à suspension mécanique et d’une selle articulée sur ressort réglable, l’ensemble présente une certaine fermeté. Mais ce qui frappe le plus, c’est bien évidemment le silence de fonctionnement. Fini le « ronron » caractéristique de l’ancêtre, ici, seul un léger sifflement se fait entendre. De quoi actionner souvent le bruyant klaxon pour prévenir les piétons. Bien sûr, l’E-Solex n’est pas un foudre de guerre, et ne comptez pas sur lui pour réaliser des performances. Ses deux modes de déplacement lui permettent d’atteindre sur le plat 25 ou 35 km/heure, au choix, avec une autonomie réduite dans le second cas. En attaquant des pentes raides, il faudra donner en sus quelques coups de pédales, comme au bon vieux temps.
Le prix de vente ? Comparable à celui d’un scooter thermique 50 cm3, soit 1150 €, auquel il faut rajouter une trentaine d’euros environ pour la carte grise et l’immatriculation. En accessoire, il est possible de monter un panier à l’avant (38 €), ainsi qu’un top case sur la porte-bagage arrière (69 €).
A l’heure du verdict, si ses performances modestes le cantonnent à des trajets en ville, il représente néanmoins une alternative très intéressante à d’autres modes de transport individuel, voiture en tête, grâce à un coût d’utilisation au ras des pâquerettes. Selon le constructeur, l’E-Solex peut parcourir 1000 km pour seulement 1 € de consommation électrique. Imbattable…
J.-P. BOITHIAS
| Plus : maniable, économique, non polluant, pas d’entretien moteur. |
| Moins : pas fait pour de longs trajets, vitesse limitée, durée de vie de la batterie. |
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