Poussières d’étoiles
Par un troublant et morbide hasard, Jean Pierre Cassel et Jean Claude Brialy sont réunis cette semaine dans le même film
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Par le monde, plus de 500 acteurs et metteurs en scène de cinéma nous ont quittés en 2007. Certains étaient d’immenses étoiles connues dans tout l’univers alors que d’autres, au contraire, étaient de simples comédiens dont on ne connaissait pas le nom mais seulement leur silhouette familière. Chez nous, cette année a été surtout marquée par la disparition de trois grands acteurs français sensiblement de la même génération. C’est Jean Pierre Cassel qui a ouvert ce sinistre bal aux adieux le 19 avril dernier. Cet élégant jeune homme de 74 ans n’arrêtait pas de tourner puisque son dernier film sort sur les écrans cette semaine. Il y jouait au coté de son vieil ami Jean Claude Brialy qui quittait notre vallée des larmes quelques jours plus tard, vaincu par un cancer dont il n’avait jamais parlé même à ses amis les plus proches. Ce brillant touche à tout avait interprété plus de 160 films en tant qu’acteur et signé trois charmants longs métrages légers et fins (Eglantine et Les Volets clos et Un Amour de pluie) ainsi qu’un téléfilm en 1979 (Les Malheurs de Sophie). Inclassable, ce surdoué était également un brillant homme de théâtre et une personnalité du « Tout Paris » ainsi qu’un auteur à succès en librairie.
La disparition à 79 ans de Michel Serrault, le 29 juillet a suscité également beaucoup d’émotion. Issu du cabaret, il était devenu autant un acteur de théâtre où il avait joué plus de 1500 fois « La Cage aux Folles » que de cinéma avec plus de 150 films à son actif. Malgré la maladie, ce boulimique des rôles aussi bien comiques que dramatiques débordait encore de projets, notamment une suite d’Une Hirondelle ne fait pas le printemps bien accueilli en 2003. Vu aussi fréquemment à la télévision ( l’Affaire Dominici), il avait été récompensé par trois César notamment pour Garde à vue de Claude Miller et Monsieur Arnaud de Claude Sautet. Grâce au petit écran, nous reverrons longtemps et longtemps cet immense et complexe comédien pour notre grand plaisir.
Mort à 63 ans seulement Claude Brosset, était un excellent second rôle qui imposait sa force tranquille autant sur le grand que sur le petit écran. Si on ne voyait plus Raymond Pellegrin, il ne faut pas oublier qu’il fut un grand du cinéma et du théâtre des années 50/60. S’il interpréta souvent les méchants, il décrocha le rôle écrasant de Napoléon dans le film de Sacha Guitry dont on a fêté le 50eme anniversaire de sa disparition l’été dernier.
Beaucoup, déjà âgés, ne tournaient plus beaucoup comme Robert Rollis mort à 86 ans. Pourtant, dans une centaine de films, il interpréta le rôle du bon copain idéal avec sa voix de titi parisien souvent au coté de Robert Dhery. C’est justement en 2007 qu’est partie son épouse Colette Brosset dont on se souvient de ses rôles autant au théâtre qu’au cinéma notamment dans le truculent Petit Baigneur avec Louis de Funés et bien entendu l’inévitable Rollis. N’oublions pas non plus Philipe Clay qui n’a pas été seulement un excellent chanteur mais une belle « gueule » de cinéma avant de se tourner comme beaucoup vers les téléfilms.
Disparu fin juillet, Michel Serrault était un immense acteur récompensé par de nombreux César
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Vedettes américaine
Les amateurs de Tarzan ont appris la mort à 80 ans de l’Américain Gordon Scott, impressionnant monsieur muscles qui avait interprété ce personnage déshabillé dans les années 50/60 avant de s’orienter vers les péplums italiens. Il avait succédé dans le rôle de l’homme singe à l’ancien champion olympique Bruce Bennett disparu cette année au bel âge de 101 ans. Relevons le décès de la sexy Yvonne de Carlo dont les formes pulpeuses faisaient fantasmer les spectateurs des salles obscures des années 50 ce qui n’était pas le cas de Jane Wyman certes jolie mais moins glamour dont l’histoire retiendra qu’elle fut mariée à Ronald Reagan.
Bien sur, la troublante écossaise rousse Deborah Kerr a laissé davantage de souvenirs aux cinéphiles. Parmi les 50 films qui lui sont crédités dont Quo Vadis ou Bonjour tristesse, l’histoire de souviendra surtout de sa scène torride dans « Tant qu’il y aura des hommes » de 1953. Burt Lancaster et elle, tous deux enlacés corps à corps dans une folle étreinte, sont léchés par les vagues écumantes du Pacifique.
L’actrice canadienne Lois Maxwell était moins connue. C’est le personnage de Money Penny, la secrétaire de M, amoureuse de 007 dans la saga des James Bond entre 1962 et 1987 qui lui apporta sa notoriété.
Déborah Karr au coté de Burt Lancaster dans Tant qu’il y aura des hommes tourné en 1953
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Le petit chat est mort
Plusieurs grand metteurs en scène ont disparu au cours de cette année. Le dernier en date, après Francis Girod est Pierre Granier-Deferre mort le 16 novembre. Fort heureusement, ses films passent souvent à la télé comme La Horse, Le Chat ou La Veuve Couderc.
Le mois d’août a vu la disparition de deux géants de la mise en scène. Le Suédois Ingmar Bergman qui avait imposé son style lent et dépouillé récompensé au Festival de Cannes dès 1956 avec le Septième sceau. On se rappellera aussi du Visage, La Source, et surtout les Fraises Sauvages. Il avait 89 ans, soit sept de moins que l’Italien Michelangelo Antiononi auteur de quelques chef-d’œuvre comme La Nuit, l’Eclipse et surtout l’étonnant Blow-Up récompensé à Cannes en 1967. Notons aussi la disparition à 80 ans de Stuart Rosenberg qui avait commis quelques beaux succès commerciaux dans les années 60/80 avec Luke la Main Froide avec Paul Newman ainsi que de l’Américain Delbert Mann. Les cinéphiles connaissent surtout son premier film Marty primé au Festival de Cannes 1955 interprété par l’inoxydable Ernest Borgnine aujourd’hui âgé de 92 ans. Enfin, beaucoup ignorent que le surdoué Jacques Martin disparu le 14 septembre avait aussi tâté de la mise en scène en 1972 avec le naïf Na ! avec Danièle Evenou dont l’insuccès le cantonna essentiellement vers la télévision pour le plaisir de millions de téléspectateurs. Sous vos applaudissements !.
Patrice Vergès
Claude Brosset disparu à 63 ans était un excellent second rôle
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