Incertitude dans le paysage culturel
« DEPUIS l'automne 2007, suite à l'annonce de baisses drastiques des budgets de Création cinéma et Espace culture multimédia des DRAC- Directions régionales des affaires culturelles, nous sommes très inquiets pour l'avenir de plusieurs manifestations et dispositifs liés au cinéma et à l'audiovisuel », expliquent dans un communiqué commun, les responsables de festivals. Le financement de l’Etat représente de 6 % à presque 50% du budget pour certaines structures.
Il s’agit de Traces de Vies, rencontres du film documentaire à Clermont-Ferrand et Vic le Comte ; du Festival Jean Carmet à Moulins, qui fait la part belle aux seconds rôles au cinéma ; Plein la Bobine, festival de cinéma jeunes publics du Massif du Sancy ; Vidéoformes, festival d'Art Vidéo (20 à 25% de budget en moins) ; Plein Champ, association régionale des cinémas d'Auvergne ; et Sauve qui peut le court métrage pour ses dispositifs d'éducation à l'image (lycéens au cinéma, passeurs d'image, pôle d'éducation artistique et de formation au cinéma et l'audiovisuel). Le festival international du court métrage « est épargné pour l'instant », et sera financé en 2008 sur le budget du Centre national de la cinématographie.
Plusieurs organisateurs ont interpellé par courrier la DRAC Auvergne, sans obtenir de réponse à ce jour. « Nous continuons à travailler, sans filet, à la préparation de toutes ces actions qui contribuent au développement culturel, à la sensibilisation du public à l'image, ainsi qu'au dynamisme économique et touristique de l'Auvergne. Chaque année, les festivals et dispositifs attirent près de 300.000 personnes et contribuent à aiguiser le regard sensible et critique de plus de 50.000 enfants et jeunes en Auvergne. Les cinémas d'Auvergne fédérés au sein de Plein Champ « pèsent » à eux seuls 1.200.000 spectateurs par an.
« Si l’Etat se désengage, il est à craindre que se creuse alors le fossé entre les régions françaises urbaines bien dotées et les régions rurales plus modestes…Que resterait-t-il d’un service public de la culture, de l’accessibilité aux oeuvres pour tous, de l’égalité des territoires ? Que resterait-il de l’identité culturelle même de la région Auvergne ? » interrogent les organisateurs des principales manifestations culturelles d’Auvergne, aujourd’hui très inquiets.
J-J.A.
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