Le merle devenu ogre
TOUS les ogres ne sont pas aussi verts, aussi médiatiques et aussi sympas que Shrek. Certains sont plutôt du genre cannibale, et capable de piquer un sprint en pleine forêt pour dépieuter avec leur mâchoire aiguisée un pauvre petit rejeton sans défense. Cet ogre-là, on peut l’apercevoir dans « Chair Fraîche », un court-métrage co-réalisé par Allan Mauduit et Jean-Patrick Benes, auteurs de « Patiente 69 », vaste blague psychiatrique aussi trash que jubilatoire.
Dans le rôle titre, un Clermontois de taille, Olivier Merle. Avec son crâne glabre et sa carrure monstre, l’ancien rugbyman s’est glissé dans la peau de son personnage avec un réel plaisir : « au départ, je me suis méfié, car on m’a déjà fait des propositions bizarres dans le cinéma. Mais quand j’ai visionné le premier film des réalisateurs, j’ai tout de suite vu que j’avais affaire à des bons. Alors, j’ai relevé le challenge… »
Pour devenir ogre, le merle a du passer par la case maquillage, à raison de quatre heures par jour pendant douze jours. Le résultat ? Terrifiant. La demi-portion qui jouait en face de l’acteur aurait même eu quelques sueurs froides lors du tournage, dans la forêt de Fontainebleau. On ne regrettera qu’une chose : que « Chair Fraîche » ne soit pas projeté pendant le festival du court-métrage. Une séance de rattrapage (gratuite) a toutefois eu lieu au cinéma « Les Ambiances » il y a quelques jours, en présence de l’équipe du film. Les dons des spectateurs ont été reversés à l’association ACTE Auvergne, qui améliore les conditions d’hospitalisation des enfants atteints de cancer ou de leucémie.
Emmanuel Thérond
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