Label « Ville d’art et d’histoire » : Limoges, l’atypique
« Limoges possède différents types de patrimoine : culturel, naturel, immatériel… », souligne Pascal Texier. (Photo © Yves Dussuchaud)
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Le ministère de la Culture et de la Communication a décerné à la ville de Limoges le label « Ville d’art et d’histoire », un label d’excellence et de qualité. Interview de Pascal Texier, adjoint au maire, chargé des opérations d’urbanisme, du patrimoine historique, des musées et du tourisme urbain.
Info : En quoi consiste ce label ?
Pascal Texier : Le label « Ville d’art et d’histoire » est attribué à une collectivité qui s’engage dans une politique de valorisation du patrimoine. Au-delà de la restauration habituelle, le label permet la mise en place d’un service qui assurera un certain nombre d’actions, comme des ateliers pédagogiques pour les enfants (avec l’histoire de l’urbanisme, de l’architecture…), des expositions, des visites-conférences pour lesquelles il va nous falloir recruter, puisque nous n’en avons pas, un guide-conférencier, un animateur du patrimoine et de la médiation culturelle, qui puisse transmettre le goût du patrimoine. Limoges a candidaté car nous souhaitions appartenir à un réseau, et en bénéficier des avantages. Car, les villes et Pays d'art et d’histoire constituent un réseau national. Il compte aujourd’hui 127 Villes et Pays d’art et d’histoire qui bénéficient de ce label. En région Limousin, le réseau comprend le Pays de Monts et Barrages et le Pays Vézère-Ardoise en Corrèze.
I : Limoges était une candidate atypique ?
P.T : Généralement, les villes d’art et d’histoire ont un patrimoine monumental. Limoges n’a pas un patrimoine centré sur une période particulière, par exemple. Nous possédons un patrimoine naturel, un patrimoine immatériel comme nos savoir-faire, la maison du patrimoine... Notre patrimoine est très large. De plus, nous n’affichons pas une politique du patrimoine mais avons des préoccupations transversales sans cloisonnement, ce qui est très original. Nous lions le patrimoine au développement économique du centre-ville, avec par exemple un autre modèle économique pour les immeubles, au-delà des baux commerçants.
I : Quelles seront les retombées pour la ville ?
P.T : Une convention, signée entre la municipalité concernée et l’Etat, fixe les modalités du partenariat et les principales actions développées par la ville en étroite collaboration avec la Direction régionale des Affaires Culturelles, le service départemental de l’architecture et du patrimoine et la direction de l’architecture et du patrimoine. Le recrutement de l’animateur de l’architecture et du patrimoine et la mise en place des stages régionaux de formation pour l’animateur et les guides conférenciers tendent à professionnaliser les intervenants en matière touristique. Cela va authentifier le travail que nous menions déjà de manière « souterraine »et permettre d’accroître l’offre touristique.
Propos recueillis par
Anne-Marie Muia
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Limoges s’est dotée d’un paysage urbain de qualité récompensé en 2001 par la médaille d’or du fleurissement européen. Quelques 1.200 façades ont été ravalées en quinze ans et le dispositif « Cœur de Limoges » pour la réhabilitation des immeubles du centre-ville est une véritable réussite.
L’ancienne Augustoritum est une des villes gallo-romaines les mieux connues de France grâce aux chantiers archéologiques, comme la découverte récente des vestiges du baptistère paléochrétien. Sans oublier les nombreux investissements tels la restructuration en cours du musée municipal de l’Evêché, le nouveau musée de la Résistance et de la Déportation, le Zénith…
Enfin, grâce au Pôle « Porcelaine –arts du feu », la porcelaine et l’émail ont été mis en valeur en permettant de développer les filières professionnelles existantes, la création d’une maison de l’émail, et l’ouverture de circuits de visite dans les entreprises. Le label « Ville d’art et d’histoire » s’imposait donc logiquement dans une ville qui en 2006 attribué 15% de son budget global aux dépenses culturelles.
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