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» Article paru le : 06/02/2008
» Sur les éditions : Puy-De-Dôme
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Prachinetti et Alibert ou les « repentirs » de deux artistes.


DEUX hommes, deux techniques, deux talents. Tout semble les différencier pourtant un rien les unit. Leur art. Leur quête de l’absolu à travers la toile. Virginie Gonat a réuni l’abstraction et la figuration religieuse en un même lieu pour une double exposition hétéroclite, à découvrir au Centre Culturel Valery Larbaud jusqu’au 23 mars.
Jean Prachinetti, grand, majestueux dans son manteau sombre, le regard posé, la voix douce et calme ne cache pas son amour pour la religion. En grand format, sur des toiles hors châssis, à l’aide de ses pinceaux et de peinture vinyle, il représente anges et démons, prêtres et confesseurs.
Dures et cruelles, certaines de ses peintures dites « d’Histoire » racontent châtiments et dualités idéologiques des années 20, 30 et 40. « Tel un promeneur dans l’Histoire, j’observe et je peins, je mélange et je superpose. » Personnages célestes armés, hommes en costumes noirs menaçants, fauves rugissants. Le tourment, l’incompréhension surgissent de ses premières toiles.
Puis, le temps passe, la sagesse et la foi guident ses pinceaux. La lumière jaillit, éblouit le spectateur, voyageur malgré lui au cœur de l’Evangile. Il suffit de suivre les pas des évêques et le long cheminement des écritures latines pour toucher au calme et à la sérénité. La contemplation s’impose, le silence est d’or. On admire, bien plus qu’on ne confesse.
Les toiles sont construites à l’image du peintre, ordonnées, méticuleuses et rigoureuses. Architecture en premier lieu, puis superposition des personnages. « Ces derniers éléments doivent être intégrés d’une façon consciencieuse mais tout en paraissant étrangers au lieu, comme collés sur la toile. »
La religion, muse indispensable à la création de Jean Prachinetti devient œuvre d’art. Généreux, le peintre ne peint pas pour lui ou pour s’affranchir d’un besoin, mais « pour les autres. J’estime qu’une œuvre d’art aide à vivre, et j’aimerai que mes œuvres se mêlent à la vie des gens, qu’elles leur apportent un espace de repos, de réflexion. »


Calme et sérénité.

« J’ai ressenti chez Prachinetti comme une recherche de l’absolu, une qualité indéniable pour obtenir le silence. Et quelque part nous sommes pareils, il y a ce lien du silence qui nous unit. »
Bichromes et monochromes, toiles meurtries, brûlées, percées, collées…Jean-Claude Alibert peint pour évacuer. Mais il repeint, encore et encore pour assouvir son besoin de perfection. « Je ne suis jamais satisfait de ce que je fais. Alors pourquoi une toile me semble terminée ? Peut-être parce que j’en ai marre. Certaines d’entre elles m’ont tellement épuisé ! »
Les cheveux et la barbe hirsutes, exalté, à l’allure bohème, l’artiste semble endurer la peinture, synonyme de destruction. Pourtant, une fois le résultat épinglé sur les murs des salles d’exposition, il en ressort une vague de quiétude. La fraîcheur et la luminescence des teintes imposent le respect. « Je peins pour évacuer, non ce que j’ai dans la tête, parce que je ne veux pas partager mes problèmes, mais pour apporter une certaine sérénité, un certain calme. La peinture est pour moi une façon de supporter la vie. Le monde est tellement mauvais. Tout ce que je veux c’est offrir quelque chose de doux à ce monde d’abrutis. »
Jean-Claude Alibert crée en fonction de ses envies, mais chaque œuvre débute sur la même interrogation, que peindre ? Appelé par l’huile et l’encaustique, il se saisit de ses pinceaux et laisse aller son imagination. Un trait horizontal pour symboliser l’ordre de la nature et un trait vertical pour évoquer le dualisme. Les contrastes du monde et de l’environnement se mêlent en une teinte épaisse et vieillie par les efforts de conception. Las, fatigué par cette recherche de l’absolu, il signe sa toile pour libérer son esprit.
« Ce qui me plaît chez Jean-Claude, c’est cette douceur dans la mise en forme. On perçoit des œuvres désabusées, qui correspondent au caractère de l’artiste. »


Marie Mendès

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