Du beau, du bon, du Bonnaire
1,92 m pour 100 kilos. Julien Bonnaire, le solide 3e ligne de l’ASM Clermont Auvergne rugby n’a pas mis longtemps à prendre ses marques sous les couleurs jaune et bleu. A 29 ans, l’ex-Berjallien rêve d’accrocher un titre de champion de France à son palmarès. Cela tombe bien, Clermont aussi…
« OH Pu.…, c’est pas vrai ! Chaque semaine tu m’en trouves un ou deux ». Et oui, il est comme ça Julien Bonnaire. Nature, direct et discret… Et accessoirement très sollicité par la presse. D’ailleurs, ce n’est pas Emmanuel Moussié, le responsable de la communication de l’ASM Clermont Auvergne Rugby, qui viendra contredire le propos, et à qui s’adressait la remarque (assénée sur le ton de l’humour, rassurez-vous).
Car le nouveau 3e ligne des « jaune et bleu », qui a quitté à l’intersaison le CS Bourgoin-Jallieu, son club de toujours, est actuellement l’un des meilleurs joueurs au monde à son poste. Une place qu’il s’est forgé au fil des années, sans tambour ni trompette, à force de travail et d’abnégation. Sa science et sa vision du jeu, sa technique et son efficacité, sont souvent cités en exemple par les spécialistes du ballon ovale. Au même titre que ses prestations, toujours impeccables. S’il s’en défend, car l’homme se veut modeste avant tout, Julien Bonnaire est devenu un titulaire indiscutable au sein du XV de France. Logiquement, il n’a pas mis longtemps à trouver ses marques sous le maillot de l’ASM. Alors qu’il était sollicité de toute part, il a finalement choisi de prendre la direction de Clermont. Les raisons d’un tel choix ? Essentiellement dictées par les ambitions du club, le niveau des installations sportives et la proximité avec Bourgoin et la famille, « le petit plus qui a fait pencher la balance ». En tout cas, une décision mûrement réfléchie…
« Battre les meilleures équipes d’Europe »
« Depuis mon arrivée, je ne suis pas déçu. Au niveau du professionnalisme, de l’organisation, des structures, il y a vraiment tout ce que je recherchais. L’intégration s’est également très bien déroulée avec un excellent groupe de joueurs. En venant ici, je voulais effectuer une remise en question, voir autre chose. A 29 ans, c’était le moment de tenter l’expérience ».
Quand il analyse le début de saison, Julien Bonnaire s’estime satisfait. « C’est plutôt positif car on est encore loin de tourner à plein régime. Nous sommes peut-être à 70 ou 80 %. Notre marge de progression reste importante dans tous les domaines, la conquête, l’attaque, la défense. On est pour l’instant 2e en championnat mais si l’on veut jouer le dernier carré, il va falloir continuer à travailler comme ça toute la saison ».
Car, à l’image de son nouveau club, le flanker rêve lui aussi de soulever au moins une fois dans sa carrière le bouclier de Brennus. Et le plus tôt sera le mieux.
En H CUP, l’ASM n’a pu finalement sortir vivante de la « poule de la mort », barrée in-extremis par les Irlandais du Munster. Qu’importe, l’équipe a marqué les esprits en Europe et a largement montré qu’elle avait les moyens de ses ambitions : « on a prouvé qu’on pouvait battre les meilleures formations du continent. Les supporters et les téléspectateurs ont, je crois, été très satisfaits du jeu que l’on a produit durant cette compétition. Ces matches là servent à progresser, ils se rapprochent le plus des rencontres internationales ».
Signe de cet engagement total et parfois (trop) viril, Julien porte encore les stigmates du match contre le Munster, avec une large cicatrice sur l’arcade droite, suite au geste inexcusable du talonneur Jerry Flannery. Un type avec qui il n’ira pas taquiner la truite, c’est sûr.
« L’ancien » du XV de France
Sous la houlette de Vern Cotter, il a trouvé des méthodes de travail « exigeantes et qui ont fait leurs preuves ». Des schémas auxquels le joueur adhère pleinement, à l’instar du groupe. « C’est normal, on est là pour bosser », commente-t-il, sous son regard bleu azur.
Sélectionné une nouvelle fois en équipe de France pour le Tournoi des Six Nations, Bonnaire est devenu ipso facto l’un des plus « anciens » cadres de l’équipe après l’annonce des retraites internationales ces dernières semaines de Dominici, Betsen, Ibanez et Pelous. « La roue tourne. Un nouveau groupe arrive avec de nouveaux entraîneurs et de nouvelles méthodes. Je suis bien évidemment content de faire partie de cette aventure. J’espère simplement avoir encore quelques belles années devant moi » (rires…).
Quand on l’interroge sur l’échec de la Coupe du Monde, le n° 6 avoue y penser encore de temps en temps. Visiblement, la cicatrice tarde à se refermer… « Face à l’Angleterre, on ne perd pas contre plus fort que nous. C’est le plus décevant. On n’a pas tout fait pour gagner. Ça me reste encore là » (il montre sa gorge…).
Des liens avec Grégory Coupet
Son intégration à Clermont ? Aucun souci. « Les gens sont accueillants et ne se montrent pas trop pressants. Quand on va faire nos courses, c’est plutôt sympa. J’ai l’habitude de dire que Clermont, c’est Bourgoin mais en dix fois plus grand ».
Cet équilibre, Julien Bonnaire le cultive dans sa maison de la périphérie clermontoise avec son épouse, et leur petite fille Rose, âgée de seulement deux ans. S’il reconnaît n’avoir pas encore eu le temps de visiter la région, lui et sa femme se sont autorisés quelques petites sorties, pour voir notamment Charles Aznavour en concert au Zénith.
En dehors du rugby, Julien Bonnaire suit un peu le foot, et notamment l’Olympique Lyonnais. « J’ai eu l’occasion de rencontrer Grégory Coupet, lors d’une interview croisée pour le journal local de Bourgoin. Nous nous sommes liés d’amitié et l’on se voit de temps en temps. Je l’ai invité un jour pour suivre un match de rugby et il m’a ensuite rendu l’invitation à Gerland ». Peut-être verra-t-on un jour ou l’autre le gardien de l’OL et de l’équipe de France dans les travées du parc des sports Marcel-Michelin…
Autres passions, la chasse et la pêche, qu’il pratiquait régulièrement dans les cours d’eau et les plaines des environs de Bourgoin. « Deux excellentes activités pour permettre de s’oxygéner l’esprit », assure-t-il. Quant à reprendre la carte ou le permis, cela semble encore un peu prématuré.
Car la priorité va avant tout au rugby. Entre le maillot frappé du coq, où « Julien de l’Isère » bataille ferme à l’heure actuelle, et celui de l’ASM, il n’y aura jusqu’au mois de juin aucun répit pour souffler.
Jean-Paul BOITHIAS
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Bonnaire en bref
Né le 20 Septembre 1978 à Bourgoin-Jallieu
Marié, une petite fille (Rose)
Mensurations : 1,92 m, 100 kg.
Sélections en équipe de France : 38, au 03/02/08
Club précédent : CS Bourgoin-Jallieu (formé à Saint-Savin)
Premier match en équipe de France : le 21 mars 2004 (Ecosse 0 - France 31)
Il aime : la franchise, la chasse et la pêche
Il n’aime pas : les tricheurs, la techno
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