La chronique thiernoise de Jean Anglade
THIERS aujourd’hui : une ville moyenne qui tente de retrouver un second souffle et qui transforme son urbanisme. Thiers dans la première partie du XXe siècle : une cité encore fortement marquée par l’industrie coutelière. Une cité organisée où le couteau est l’objet- roi, celui qui fait vivre et donne à la ville sa renommée nationale voire internationale. Mais Thiers, malgré son microcosme économique, sa société singulière, son caractère affirmé, son identité indéniable, n’en est pas pour autant coupée du monde. Et ces années sont marquées par un bouleversement industriel : ainsi dans les ateliers, l’électricité remplace-t- elle les eaux tumultueuses de la Durolle pour faire tourner les meules. Dans les rues de Thiers, des chevaux vont toujours au galop. Mais les voitures, désormais, leur font de la concurrence. Elles ne tarderont plus à les remplacer. Et, surtout, la guerre menace, la guerre ourdit son dessein meurtrier. Une guerre qui va mettre l’Europe à feu et à sang…
« Après Les Ventres Jaunes »
Écrit il y a 27 ans, le roman « La Bonne Rosée » est aujourd’hui réédité. Le récit sillonne de 1912 jusqu’à 1936, du seuil de la première guerre mondiale à l’aube de la seconde. A Thiers, donc, l’auteur déroule les heurs et malheurs d’une famille confrontée à la fois l’évolution du monde et aux épisodes dramatiques des conflits et des épidémies. A travers ce portrait familial, c’est surtout la société thiernoise de l’époque qu’Anglade s’efforçait de faire revivre.
Les souvenirs taraudent, la source est abondante sinon inépuisable et un quart de siècle après cette « Bonne Rosée », Jean Anglade devait écrire « Les Ventres Jaunes », une saga thiernoise consacrée à une communauté de couteliers. D’inédites péripéties pour un même cadre : ce Thiers qui, décidément, n’est pas tout à fait une ville comme les autres. Ce Thiers où Jean Anglade est né en 1915, au « pays des couteaux. »
« La Bonne Rosée », livre réédité aux « Presses de la Cité ».
Marc FRANÇOIS.
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