“There will be blood”: épopée et illusions
L’histoire:
Daniel Plainview est issu d’une misérable famille de fermiers. Pourtant, il poursuit un « rêve américain », celui de se hisser haut dans la hiérarchie sociale. C’est l’or noir qui va lui en offrir la possibilité. Il la saisira à pleines mains.
Notre avis:
une fresque qui s’étale sur plusieurs années. Une œuvre qui s’enracine dans les fondements mêmes de l’âme américaine, au beau milieu des grands espaces et des puits de pétrole. « There will be blood » est assurément un film fort, puissant, qui mêle habilement le spectacle et le sens. L’image et la signification. L’histoire et la complexité de l’esprit humain. Dans le sillage de grands réalisateurs d’Outre- Atlantique, et aussi de romanciers comme Steinbeck, Paul Thomas Anderson raconte d’abord une épopée individuelle et industrielle : comment à force d’ambition et de courage le héros parvient- il à acquérir argent et pouvoir. Mais cette réussite laborieuse n’est qu’une part de la réalité. Au delà des illusions, derrière les apparences, l’ombre côtoie la lumière et le personnage apparaît aussi dans ses doutes, sa misanthropie, sa complexité, sa violence et sa relative fragilité. Dès lors, le film lui- même est saisi par cette dualité et exprime un certain désenchantement, dont les paysages arides, sévères se révèlent comme le reflet troublant. Daniel Day Lewis dans un rôle habité voire illuminé réussit une prestation remarquée. A la hauteur d’un film qui se situe dans la meilleure tradition américaine.
Marc FRANÇOIS.
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