Cohendy : du relief à l’émotion
DECIDEMENT, Gilles Cohendy est surprenant. Fin 2006, son carnet de voyage (temporel) sur le tramway de Clermont-Ferrand est édité, et reçoit le prix du club des ouvreurs. Aujourd’hui, ce peintre clermontois né en 1958 pose encore ses pinceaux là où on ne l’attend pas. Mais cette fois, c’est de technique qu’il s’agit. L’artiste vient en effet d’inventer (et de breveter) un nouveau procédé créatif : « je mélange différents matériaux, pour donner des effets de relief à la peinture » explique-t-il.
Le résultats ? Quasi-scultpural, grâce à étonnant travail sur les épaisseurs. Un rendu organique accentué par des écaillures, des craquelures, qui donnent à la toile des faux airs de céramique ou de lave émaillée, bien que le séchage soit parfaitement naturel. Le mélange des fluides et des couleurs, qui relève parfois de l’accidentel, fait quant à lui penser à du Jackson Pollock…
L’ensemble reste toutefois expressionniste, mais tend à se rapprocher de l’abstraction. Mais l’Auvergnat attentif reconnaîtra derrière le hasard des formes les emblèmes locaux, de la cathédrale de Clermont-Ferrand à Notre-Dame-du-Port, en passant par la chaîne des puys, qui affichent là une dimension inédite. A noter que Gilles Cohendy est l’auteur d’un carnet de voyage sur le Puy-de-Dôme, qui sortira en mai 2008 aux éditions De Borée.
« Notre Auvergne », exposition de toiles de Gilles Cohendy, jusqu’au 28 mars à l’espace culturel d’Harmonie Auvergne, 6 place Gaillard à Clermont-Ferrand. Renseignements : 04 73 19 27 27
E.T.
|