Les danses de Madeleine Meunier.
« ENTREZ dans la danse » de Madeleine Meunier. L’artiste expose les mouvements et cadences de son imagination à la Librairie Carnot jusqu’au 30 mars. Sensible. Gracieuse. Délicate. Chaque toile nourrit le visiteur d’émotions fugaces. L’éphémère des teintes qui ondulent au rythme des corps apporte un sentiment de fragilité indéniable.
Madeleine Meunier transcende chacune de ses oeuvres. Un regard posé, un sourire juste timide raconte sa démarche artistique. Son besoin de réconfort. On suit les variations musicales des peintures. Il ne suffit pas uniquement de regarder. Mais d’observer, de pénétrer la régularité des traits. Silencieusement. Laisser l’huile envahir son être et nous transporter. Entre le surréalisme de Salvador Dali et l’impressionnisme de Caillebotte, Madeleine Meunier a trouvé sa voix artistique. Une peinture onirique intuitive.
Autodidacte, l’artiste roannaise, installée à Vichy, s’est prise de passion pour la peinture dès son plus jeune âge. Au collège, son professeur lui fait découvrir les vertus exaltantes de la peinture à l’huile.
La toile comme exutoire pâlie rapidement à un certain manque. Du pinceau s’écoule une peinture mélancolique, suffocante. Une rivière de tristesse ruisselante. Professeur en Sciences Médico-Sociales, elle ne peut se consacrer entièrement à son art. Mais, parfois, le temps se suspend. Son atelier la réclame. Les noirs et funestes couleurs de sa palette reprennent le dessus. Son cœur fulmine. Ses émotions jaillissent.
Le temps finit par reprendre son court, inlassable. La couleur apparaît au rythme de l’horloge qui égraine les mois, les années. Le deuil trépasse. Et la vie refait surface. La maturité de l’artiste se fait davantage ressentir.
Chacune de ses toiles est construite comme un songe. Le sujet prend forme et s’évapore pour laisser place à d’autres mystères. Volumes, perspectives, reliefs, jeux de lumière…la complexité se niche dans l’épaisseur de l’huile. Lisse. Tendre. Sophistiquée. A l’image de l’artiste.
M.M
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