Gérard Georges : " J'ai une sensibilité à fleur de peau. "
ANCIEN professeur de Lettres, journaliste radio, romancier, poète, nouvelliste, Gérard Georges fait redécouvrir l'Auvergne à ses lecteurs, à travers " La Demoiselle aux fleurs sauvages ", aux éditions Presse de la Cité. Autant attaché à sa région qu'au verbe, il a su manier avec talent la plume des mots et du cœur. Rencontre.
INFO : Qu'est-ce qui vous attire dans l'écriture ?
GERARD GEORGES : Je ne sais pas. J'ai toujours écrit. Quand j'étais très jeune, j'inventais des histoires que je racontais à ma mère. En fonction de sa réaction, je la couchais sur le papier.
Aujourd'hui, cela me permet de faire partager quelque chose, comme l'émotion que l'on ressent face à un paysage. Si mes livres marquent son lecteur, j'en suis ravi. Mais je ne recherche pas la complexité dans le style, l'histoire…En écrivant je veux faire rê-ver, faire voyager les gens. En refermant un de mes romans, le lecteur doit se sentir bien, et non pas perdu, perplexe.
I : Pourquoi écrivez-vous souvent des romans se situant au XVIII ou XIXème siècle en accordant une place si importante à la nature ?
G.G : Je suis un amoureux de la nature et un romantique dans l'âme ! Je cherche à transmettre un patrimoine au travers l'écriture. Un patrimoine qui n'existe plus au XXIème siècle. Par exemple, dans la " Demoiselle aux fleurs sauvages ", j'utilise des mots de vocabulaire de l'époque pour faire vivre le temps. Mes romans rappellent à la génération actuelle la façon dont la vie se déroulait autrefois. Comme disait si bien Stendhal, " un roman, c'est un miroir que l'on promène le long d'un chemin ".
Bien sûr, certaines de mes histoires se situent à notre époque, une époque qui aura besoin, elle aussi, de témoignages concrets.
I : Vous devez donc vous inspirer de faits réels, n'est-ce pas ?
G.G : Effectivement, j'écris toujours au coup de cœur. A l'occasion des Journées du Patrimoine, j'ai effectué la visite du Château de Portabéraud, de son parc. Je suis tom-bé sous le charme. L'histoire de " la Demoiselle… " est partie de là. J'ai fait des re-cherches, j'ai effectué une visite plus approfondie des lieux. Le Baron a réellement existé vous savez, tout comme la famille que je décris. En tant que romancier, j'ai un avantage, je peux adapter mon histoire en fonction des intrigues, de mes envies. Je ne suis pas historien. J'essaie de ne pas faire d'anachronisme, c'est tout.
I : Comment expliquez-vous que vous n'ayez commencé à être édité que tardivement ?
G.G : Mon premier roman est sorti en 1991. J'avais un métier très prenant, je devais également être présent pour ma famille. Chef d'établissement demeure une fonction difficile, j'avais donc d'autres priorités. Finalement, dormant peu, je me suis remis à écrire, la nuit. J'en avais besoin. J'ai ensuite quitté mon emploi et ai décidé de m'y con-sacrer entièrement.
I : Vous semblez très attaché à votre région, n'est-ce pas ?
G.G : Je suis originaire du canton de Noirétable et j'aime énormément ma région. Cha-cun de mes romans se situe en Auvergne, parfois avec quelques incursions à New York. Quoiqu'il arrive je reste très attaché à mon pays. Jeune, j'ai beaucoup observé ma famille, mes grands-parents et j'en ai tiré de nombreux sujets pour mes livres. D'où, " Les Grenadières de Saint-Just ", " L'Herbe de la Toussaint ", " La Violente Espé-rance " et bientôt " Les Doigts d'or ", un roman, très romancé, sur mes parents !
I : Est-ce une volonté de rendre ainsi hommage à votre famille ?
G.G : Oui, certainement. Mon écriture représente en quelque sorte un hommage, mais aussi un exorcisme. J'ai une sensibilité à fleur de peau et je serai malheureux si je ne m'exprimais pas sur le papier. Il a été très difficile d'écrire sur mes parents parce qu'ils sont décédés il y a peu, et la plume fait ressortir ces douleurs. Mais c'est nécessaire.
I : Quels sont les écrivains qui vous ont marqué et inspiré ?
G.G : Alors, si je devais partir sur une île déserte avec trois ouvrages, je n'hésiterais pas. Je prendrais " Madame Bovary " de Flaubert, " Le Grand Meaulnes " de Alain Fournier et " Les Fleurs du Mal " de Baudelaire. Et je ne pourrais être qu'heureux.
Propos recueillis par Marie Mendès
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