" Tempête sur le Bassin " pour Patrice Vergès
Rédacteur en chef d'Info, Patrice Vergès n'écrit pas seulement sur l'automobile. Moins d'un an après son premier roman " Sale temps sur Arcachon ", il publie " Tempête sur le Bassin " chez le même éditeur. Rencontre.
Info " Tempête sur le Bassin " est-il la suite de " Sale temps sur Arcachon " publié en juin dernier ?
PV. Non. L'éditeur ne souhaitait pas une suite mais une nouvelle aventure ou plutôt mésaventure de ce petit libraire arcachonnais. Chaque livre peut être lu séparément même si le second est un enchaînement du premier que l'éditeur vient d'ailleurs de retirer car il avait été épuisé en trois mois.

I.- Il s'agit pourtant d'une histoire différente ?
PV.- Différente et pourtant pareille. Ce n'est plus le même Arcachon puisque l'action se passe, quatre ans après, en novembre 1967, ce n'est plus la même mode, ce n'est plus les mêmes chansons. Ce n'est plus non plus, le même personnage. Il a vieilli et perdu ses illusions en laissant percevoir un coté obscur et plus ambivalent qui l'amène à de poser des questions sur lui-même ; est-ce qu'il est ce qu'il croit ce qu'il est ?
I.- Votre personnage semble moins fragile voire plus caustique ?
PV.- J'aime les gens à qui on ressemble plutôt que ceux à qui on aimerait ressembler. Je n'aime pas les héros purs et durs mais ce libraire a des raisons de l'être. Ecrasé par le poids de son enfance, il part à la recherche d'un père qui l'a abandonné à l'âge de trois mois. Pourquoi ?
I.- Il y a écrit policier sur la couverture, alors qu'il s'agit d'abord d'un roman de 330 pages.
PV.- C'est difficile de mélanger les genres. Policier est écrit sur la couverture car il y a des meurtres. Mais il n'y a pas de coupables à trouver comme dans le précédent. C'est surtout un morceau de la vie quotidienne d'un type ordinaire emporté dans une situation extraordinaire qui le dépasse. Mais ce n'est pas le genre d'homme qui part à l'aventure, c'est l'aventure qui vient à lui et il s'y jette contre son gré. Par force. Pour sauver sa peau et celle des gens qui lui sont chers. Le lecteur se pose la question de savoir comment ce type va finalement de dépêtrer de la foule d'emmerdements qui l'assaillent.
I.- Pourquoi situer l'action à Bordeaux et autour du Bassin d'Arcachon ?
PV.- C'est une région que j'aime, certainement par mes origines bordelaises. Elle est connue même des gens du centre de la France qui y vont nombreux en vacances. Je vais y vivre bientôt à plein temps après avoir quitté Info. J'aime son éclairage, ses couleurs, ses gens et ses odeurs.
I.- Vous situez votre action dans les années 60. pourquoi ?
PV.- Les années 60 ont de la magie pour ceux qui ne les ont pas connues et déga-gent de la nostalgie pour ceux qui les ont connues. Dans " Tempête sur le Bassin ", on retrouve l'ambiance de novembre 1967 ; Che Gevara, les hippies, les jupes qui rac-courcissent, les cheveux qui s'allongent, Alain Delon dans le Samouraï, Claude Fran-çois qui chante " Comme d'habitude et Procol Harum avec son tube " Whiter Shade of Pale " sans oublier tous les événements et sons de l'époque.
I.- Vous avez une écriture très particulière qui fait travailler l'imaginaire.
PV.- C'est en travaillant beaucoup sur la sonorité des mots et l'utilisation d'adjectifs de couleur et aussi de descriptions d'odeurs et de bruits souvent oubliés dans des livres. Un lecteur d'Arcachon m'a avoué que mon précédent livre exhalait le salé et la transpiration et ça m'a fait très plaisir.
I.- Avez-vous d'autres projets de livres ?
PV.- Bien sûr, notamment une histoire qui se passerait à 40 ans d'écart entre 1969 et 2009 et un polar autour de l'épave du Titanic. Mais à chaque sortie de livres est liée au succès du précédent. Si celui-ci marche autant que l'autre, il y en aura certainement un autre, sinon ce sera plus difficile. Mais il y a 37 ans que j'écris dans des revues automobiles et plus de 25 ans dans Info, je crois que je continuerai à écrire jusqu'à mon dernier souffle. Surtout si c'est à Arcachon.
Tempête sur le Bassin, 330 pages, 19 euros, éditions Lucien Souny
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