Marchandises : " Le mode de transport numéro un "
Les transporteurs routiers acheminent chaque jour la quasi totalité des marchandises que nous consommons. Tour d'horizon en compagnie de Marie-Paule Maillet, présidente en Haute-Vienne et Creuse de la Fédération nationale des transports routiers.
INFO.- Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Pour Marie-Paule Maillet, présidente départementale de la Fédération nationale des transports routiers " 99,5 % des marchandises que nous consommons ont été, à un moment donné, transportées par camion ".
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MARIE-PAULE MAILLET.- Le transport routier regroupe le transport de marchandises et la logistique (TRML). Le transport de marchandises dans l'hexagone compte 12 500 entreprises employant 240 000 personnes. Le TRML regroupe des métiers différents autour d'un point commun, la route, à savoir les entreprises de transport routier professionnelles qui transportent les produits pour le compte d'autrui avec leurs véhicules, les commissionnaires qui servent d'intermédiaires entre les chargeurs qui passent commande et les transporteurs et enfin les prestataires logistiques chargés de la gestion des stocks. Quelques 99,5% des marchandises que nous consommons ont été, à un moment donné, transportées par camion, ce qui représente en France le mode de transport numéro un.
I.- Comment s'organise votre activité de transporteur ?
M. P. M.- Les transporteurs travaillent soit en direct en traitant directement les mar-chés avec leurs clients, soit avec des clients indirects avec lesquels ils sont mis en contact par l'intermédiaire d'une bourse de fret. Celle-ci se charge de collecter les offres de transport et de les proposer aux transporteurs, via Internet ou d'autres supports, en fonction de leurs itinéraires. Par exemple lorsque nous acheminons des marchandises à Lille, il faut prévoir le retour du véhicule chargé à Limoges pour ne pas rentrer à vide et rentabiliser le transport.
Transport complémentaire
I.- Quels genres de marchandises transportez-vous ?
M. P. M.- Les transporteurs acheminent toutes sortes de marchandises, de la nourriture, des vêtements, équipements divers, des médicaments, de la presse, du courrier, etc... Le transport routier est complémentaire aux autres modes de transport et il occupe une place incontournable dans notre système commercial.
I.- Les poids lourds sont moins impliqués dans des accidents pour quelle raison ?
M. P. M.- Nos véhicules sont aujourd'hui de plus en plus sûrs.
La présence des poids lourds impliqués dans des accidents a été divisée par trois de 1990 à 2004. Seulement 3,3% des accidents corporels en France impliquent des camions. Ce chiffre est assez faible, compte tenu du nombre de poids lours qui circulent chaque jour dans notre pays. Si on détaille encore ce chiffre, il apparait que seulement 21% de ces accidents incombent directement aux conducteurs de poids lourds, ce qui relativise sensiblement le problème.
Moins polluants
I.- Les constructeurs ont fait des efforts pour améliorer les véhicules...
M. P. M.- En deux décennies les émissions de gaz polluants ont été réduites de 80%. Dans le même temps la consommation des poids lourds a diminué de 20% par tonne transportée. Il reste une marge de progression quant aux émissions de CO². Nous nous inscrivons dans une démarche de développement durable, nos conducteurs sont sensibilisés à ce problème et ils adoptent une conduite plus économique. Et il faut préciser que nos véhicules sont bridés à 90km/h ce qui réduit les émissions de CO². La durée de vie des véhicules récents tend à s'allonger jusqu'à six ans en raison des progrès technologiques. Ils s'usent moins vite en parcourrant davantage de km. Avant chaque conducteur avait un véhicule attitré, aujourd'hui un véhicule est conduit par deux personnes.
I.- Quels sont les différents métiers que vous proposez ?
M. P. M.- Le plus répandu est bien sûr conducteur routier. Pour conduire un poids lourd il faut un CAP conduite et services et le permis EC, qui donne l'autorisation de tracter une remorque. Un conducteur peut être recruté avec la FIMO, un stage d'un mois qui est l'équivalent du CAP ou le Certificat de formation professionnel obtenu en six mois, dénommé actuellement Titre professionnel. Nous proposons également des postes administratifs classiques, secrétaire, comptable, commerciaux. Nos équipes sont composées d'agent d'exploitation, la personne qui recherche le transport et attribue la marchandise à tel conducteur en fonction de divers critères comme son itinéraire, la catégorie du véhicule et son temps de travail. L'agent logistique prend en charge le stockage des marchandises et l'agent d'entretien gère le parc de véhicules. Certains transporteurs disposent en interne de mécaniciens, mais ils font appel à des spécialistes de la réparation pour les interventions nécessitant une technologie particulière. D'autres externalisent l'entretien de leurs véhicules. Enfin des transporteurs choisissent des contrats de location avec entretien.
Formation continue
I.- La formation continue est obligatoire dans votre activité ?
M. P. M.- Notre personnel est de mieux en mieux formé. Tous les cinq ans leur for-mation initiale est complétée par la Formation continue obligatoire de sécurité, la FCOS d'une durée de trois jours. Les conducteurs bénéficient d'une remise à niveau en terme de conduite, sécurité et réglementation. L'an prochain le programme sera rallongé de deux jours et la FCOS deviendra la FCO. L'accent sera davantage mis sur la sécurité au volant et lors des chargements et déchargements.
I- Comment a évolué le métier de conducteur ces dernières années ?
M. P. M.- La législation a fait évoluer le métier. Les conducteurs doivent respecter un temps de conduite de 8 à 10 h par jour, avec temps de pause obligatoires. Ils ont perdu un peu de liberté, mais c'est un plus pour la sécurité de tous. Le conducteur représente l'image de l'entreprise, il est souvent le seul contact direct et le premier interlocuteur avec les clients. Il a donc des responsabilités, celle de son véhicule et de sa marchandise. Il a toujours la liberté d'organiser son temps de travail. Ses conditions de travail sont moins pénibles physiquement qu'avant car il dispose de matériel pour faciliter le déchargement. Et les temps d'attente pour décharger la marchandise ont été diminués. En revanche il fait plus de tâches administratives.
I.- Les entreprises que vous représentez recrutent-elles ?
M. P. M.- Notre secteur recrute. Nous rencontrons cependant des difficultés à trouver des conducteurs, bien que la plupart des entreprises proposent des postes en CDI, y compris aux jeunes sortant de formation. Ce métier reste passionnant, les conducteurs peuvent avoir l'occasion de faire du relationnel, de la mécanique, de voyager... Et aujourd'hui, pour fidéliser notre personnel, nous essayons au maximum d'adapter leurs postes aux itinéraires qu'ils souhaitent.
Propos recueillis par
Corinne Mérigaud
Photos © Yves Dussuchaud
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Création d'un GEIQ Transport
Un GEIQ transport est en passe de voir le jour dans la région. Les professionnels ont, en effet, souhaité créer ce groupement d'employeurs attirer des jeunes dans la profession, faire face aux difficultés de recrutement de conducteurs routiers et anticiper le départ en retraite de 400 conducteurs du Limousin dans les cinq ans à venir. D'après une étude de besoins, l'objectif de la FNTR est de créer une structure régionale avec l'appui, essentiellement des entreprises de transport de marchandises de Corrèze et Haute-Vienne. Ce groupement devrait ainsi répondre aux besoins des entreprises adhérentes en mettant à leur disposition des personnels formés en fonction ses spécialités de chacune (conducteurs grands routiers, zone courte, travail de nuit, messagerie, matières dangereuses...) et vise à une polyvalence des conducteurs en leur confiant des missions qualifiantes.
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