Transport : " Un bachelier maintenance VI peut choisir son employeur "
Proviseur du lycée Saint-Exupéry, Jean-Jacques Chadelaud dresse un panorama des différentes formations dispensées dans cet établissement dédié aux métiers du transport, de la logistique et de l'automobile.
INFO.- Combien d'élèves suivent une formation transport et maintenance véhicules industriels ?
JEAN-JACQUES CHADELAUD.- Le lycée des métiers de l'automobile, du transport et de la logistique compte actuellement 500 élèves dont environ 250 suivent une formation, par la voie scolaire, dans les spécialités transport, véhicules industriels et automobile. Le Centre de formation des apprentis accueille soixante-quinze apprentis. Depuis deux ans deux classes de troisième découverte, qui ont remplacé l'ancienne 3ème technologique, regroupent 48 élèves qui suivent l'enseignement d'une 3ème classique avec une option découverte des métiers au sens large de 6 h par semaine. En fin de 3ème ces élèves peuvent être orientés, après étude de leur dossier, vers nos formations " conduite et services dans le transport routier " (2 classes de 24 élèves), CAP et BEP maintenance véhicules industriels (2 classes de 10), CAP vendeur magasinier en pièces de rechange et équipements automobile (12 élèves), BEP logistique (14 élèves), ou CAP et BEP carrosserie (deux classes de 10 élèves) mais aussi vers d'autres formations de leur choix.

Pour Jean-Jacques Chadelaud, proviseur du lycée Saint-Exupéry, " les opportunités d'embauche sont nombreuses dans la région et départements limitrophes dans les fi-lières transport et maintenance de véhicules industriels ".
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I.- Quelles sont les sections les plus demandées ?
J. J. C.- La carrosserie arrive en tête avec une liste d'attente longue, suivie par la formation de conducteur routier. Cette section fait le plein, bien que les demandes d'admission aient diminué depuis cinq ans. Aujourd'hui nous recevons 60 à 65 dossiers par an pour 48 places. La démographie en est, pour partie, la cause car les effectifs des collèges sont en baisse ces dernières années. De plus l'offre de formation s'est également élargie et peu-être qu'il faut y voir aussi un problème de motivation pour ce métier.
Tailler la route
I.- Le métier de conducteur routier est donc plébiscité...
J. J. C.- Bien sûr mais le métier a changé et les jeunes qui rêvaient d'un beau camion sont moins nombreux qu'hier. Les entreprises ont changé ces dernières années, beaucoup de transporteurs qui avaient trois ou quatre camions ont disparu. A une époque nous avons formé plusieurs fils de transporteurs qui voulaient reprendre l'entreprise paternelle, ils sont moins nombreux aujourd'hui dans ce cas. Les élèves et leurs parents voient à présent la conduite d'un poids lourd sous un autre aspect, se fixant trop souvent sur les contraintes inhérentes à cette activité, notamment le permis à points, la présence accrue des radars et des contrôles sur nos routes, les temps de repos. En parallèle l'obtention du permis devient de plus en plus difficile, l'examen a été renforcé et il n'existe plus d'équivalences pour passer le permis. Les élèves passent d'abord le permis B en 1ère année et son obtention conditionne l'admission en 2ème année. Le taux d'échec est de 25% pour le permis B, de nombreux jeunes ne parviennent pas à franchir ce premier cap. Les reçus passent l'année suivante le permis C et EC.
I.- Combien de jeunes diplômés sont disponibles chaque année ?
J. J. C.- Pour chaque promotion moins de vingt jeunes sont susceptibles d'être em-bauchés avec un CAP ou un BEP. Les entreprises de transport souhaiteraient que nous formions plus de jeunes, avec un taux d'échec au permis moins important. De plus, après le CAP, un certain nombre poursuit en Bac Pro et, au final, moins de 50 % se retrouvent sur le marché de l'emploi. Par conséquent, il leur faut patienter encore deux ans pour voir arriver de nouveaux diplômés sur le marché de l'emploi. Enfin certains titulaires du CAP et BEP n'ont pas dix-huit ans, l'âge légal pour conduire. Ils doivent parfois attendre six mois à un an. Et sans le diplôme il faut avoir 21 ans pour conduire un poids lourd.
100% d'embauches
I.- Quel est l'intérêt pour les jeunes de poursuivre en Bac Pro ?
J. J. C.- Avec ce niveau de qualification les bacheliers peuvent espérer un panel de postes différents et une rémunération plus élevée. En général ils conduisent quelques années, puis ils veulent évoluer vers des tâches plus administratives comme l'affrètement, la location de véhicules ou la messagerie express, un secteur en fort développe-ment de nos jours.
I.- Qu'en est-il du taux d'insertion de vos diplômés transport ?

Cette année la demande est forte en section VI car deux groupes ouvrent à la rentrée au Centre de formation des apprentis.
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J. J. C.- Ils n'attendent pas longtemps pour trouver un emploi. Certains élèves de Bac Pro travaillent déjà en intérim le week end et pendant les vacances. Ils n'ont au-cune difficulté à trouver des missions et le diplôme en poche, 100 % sont embauchés et souvent près de chez eux. Nous recevons de nombreuses offres d'embauches par an de la part des transporteurs, souvent adressées verbalement aux enseignants qui entretiennent de bonnes relations avec les professionnels. Quant aux filles, les postes augmentent, surtout sur les lignes régulières ou de nuit, en raison de l'augmentation des relais. Nous avons chaque année cinq à six filles en formation, elles réussissent aussi bien que les garçons à l'examen et en insertion. En logistique les effectifs féminins dépassent 60% d'une promotion, les filles ont des perspectives d'embauches sur Bordeaux, La Rochelle, Orléans et des possibilités sur place, notamment chez Bernis, Easydis, Coop Atlantique...
Insertion garantie en VI
I.- La maintenance de véhicules industriels attire-t-elle les jeunes ?
J. J. C.- Les plus grandes difficultés de recrutement se situent dans cette activité. Les entreprises ont également du mal à fidéliser leur personnel, les départs en retraite sont nombreux et il est toujours aussi difficile de les remplacer. Ces métiers deviennent de plus en plus technologiques. Au niveau du Bac Pro, les entreprises peuvent trouver des candidats opérationnels rapidement. Un diplômé Bac Pro maintenance VI peut choisir son employeur ! De nombreuses possibilités d'embauches existent dans notre région et sur les départements limitrophes chez les concessionnaires, chez les trans-porteurs, dans des organismes de location qui disposent d'ateliers intégrés pour l'entretien courant de leur flotte. Des débouchés sont possibles, par exemple, chez Renault Trucks, Christian Sarre, Ivéco, Etoile 87, Volvo, Gandois, chez des loueurs comme Géodis et Fraikin, chez des transporteurs tels que Roulaud, Dentressangle, Maillet, Doumen... à la TCL, dans des services municipaux. Une quinzaine de bacheliers par an sortent de notre établissement. A la rentrée 2007 au CFA nous avons ouvert deux groupes en CAP maintenance VI qui accueille quinze apprentis au lieu de dix. Les demandes d'admission ont donc plus fortes que les années précédentes. Le recrutement étant supérieur avec un niveau d'entrée plus élevé, davantage de diplômés seront disponibles d'ici à deux ans. Par conséquent nos efforts commencent à être payants.
I.- La formation de vendeur magasinier a le vent en poupe...
J. J. C.- Oui depuis deux ans la formation de vendeur magasinier connaît une de-mande forte tant en VI qu'en VP, due à la hausse des départs en retraite et une activité soutenue dans ce secteur. Le niveau d'exigence est élevé, puisque le CAP équivaut au BEP, avec des connaissances très approfondies des produits et une gamme très étendue. Ce métier est très demandé, le secteur est porteur, la formation initiale est primordiale et les opportunités d'embauches sont nombreuses.
I.- Comment se portent les autres filières ?
J. J. C.- Les filières carrosserie, mécanique et peinture remportent un franc succès depuis dix ans, ce qui permet de faire face aux départs en retraite. En apprentissage l'insertion est à 80% dans l'entreprise formatrice et de 100% en Bac Pro. Ces métiers ont de l'avenir, ils sont de plus en plus techniques avec l'électronique embarquée dans les véhicules.
Propos recueillis par
Corinne Mérigaud
Photos © Yves Dussuchaud
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Les formations à Saint-Exupéry
" Par la voie scolaire :BEP conduite et services dans le transport routier, Bac Pro exploitation des transports, CAP, BEP et Bac Pro maintenance des véhi-cules industriels, CAP vendeur magasinier en pièces de rechange et équipe-ments automobiles, BEP logistique et commercialisation, Bac Pro logistique, CAP et BEP carrosserie réparation, CAP peintre en carrosserie
" Par l'apprentissage : CAP mécanicien en maintenance de véhicules industriels et Bac Pro véhicules industriels
" Délivrance CACES 1, 3 et 5 (certification AFAQ)
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