J'ai testé un BMX de compétition
" LA prudence est mère de toutes les sûretés ". En BMX, plus que partout ailleurs, le néophyte doit avoir l'adage bien ancré dans la tête. Qui plus est si, comme votre serviteur, il enfourche pour la première fois de sa vie un tel vélo. A vrai dire, on ne fait pas trop le fier en observant du coin de l'œil le plat de résistance, surtout lorsque l'on voit la taille (gigantesque) de certaines bosses. Curieusement, sur les quelque 390 m de la piste de Lempdes, c'est la première, de loin la plus petite, qui fait le plus de dégât. Dixit Nicolas Arschoot, notre professeur d'un jour, et accessoirement 9e des cham-pionnats de France 2008.
" Tous les débutants se font avoir ", prévient-il, sourire en coin, alors que j'enfile l'équipement obligatoire, composé d'un casque intégral, de gants, d'un maillot manche longue et d'un pantalon (genouillères, coudières et autres protections restent facultatives).
En empoignant le guidon, dont la largeur peut aller jusqu'à 74 cm, la première impression est étrange. Avec une position de conduite plutôt inconfortable… Soit je suis trop grand, soit le vélo est trop petit. Mais non, c'est normal, paraît-il.
Alors que le poids d'un BMX varie de 8 à 10 kilos selon les modèles, la physionomie générale du cadre compact favorise un centre de gravité très bas. Et la selle, enfoncée à fond, à quoi sert-t-elle ? " A rien, uniquement pour poser les fesses à l'arrivée ", résume le prof.
Bref, vous l'aurez compris, en BMX, c'est danseuse obligatoire, le tutu en moins.
Des sauts de 10 m de long !
Côté équipement, pas grand chose à signaler non plus. Frein unique sur l'arrière, pneus à crampons montés sur des jantes à rayons de 20 pouces, pas de vitesse, plateau et pignon uniques (44 dents à l'avant et 16 à l'arrière). Mon vélo de compétition dispose également d'un pédalier Shimano dernier cri, et d'une fourche en carbone. Son prix ? Environ 1.800 €. Ce qui va bien m'aider à lever le pied…
Un premier tour de piste suffit à se rendre compte de l'ampleur de la tâche. Franchir les bosses constitue déjà un beau challenge. Pas assez rapide, on cale sur l'obstacle. Trop vite, on ne maîtrise plus rien. D'ailleurs, la discipline nécessite une condition physique irréprochable. Au bout de deux tours, les cuisses rappellent à l'ordre, le souffle se fait court.
Dire qu'en compétition, les pilotes enchaînent des courses de 35 à 50 secondes suivant la longueurs des pistes. Un effort assez bref mais violent.
" Puissance, vélocité, qualités techniques sont les maîtres-mots du BMX ", assure Nicolas Arschoot, qui a décelé chez moi quelques lacunes évidentes.
Alors que l'on se concentre pour tenter d'enchaîner trois bosses correctement, avec à la clé un modeste saut de 20 cm, ce dernier arrache des bonds de 10 mètres de long en vous passant (très largement) au-dessus de la tête. Énervant !
Le tour d'après, alors que le " soleil " vous guette, il vous laisse sur place en combi-nant les techniques dites du " cabré " (on lève la roue avant en arrivant sur la bosse et on la repose après) et du " manual " (passer le creux d'une bosse sur la roue arrière), avant d'avaler pour finir les bosses quatre par quatre. Consternant !
Et là, franchement, vous êtes ravalés à votre petite condition de débutant. Gauche et incompétent. Un gouffre me sépare visiblement du haut niveau. Je peux bien l'avouer aujourd'hui, je ne serai jamais pilote de BMX.
J.-P. B.
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