Le Conseil général se mobilise pour sa survie
ILS ont choisi la contre-attaque. Face aux assauts réguliers issus en premier lieu du rapport Attali, puis des déclarations successives du Président de la République et d'autres personnalités de l'UMP qui visent au regroupement des collectivités territoriales, les élus du Conseil Général de l'Allier répondent par la manière forte. " Devant cette tendance à relancer le débat sur la suppression des Départements, nous lançons une campagne de défense intitulée " Touchez pas à mon département " à laquelle nous invitons tous les citoyens de l'Allier à se joindre. ", explique Jean-Paul Dufrègne, le président du Conseil Général.
Aussi, pour montrer son profond désaccord avec cette volonté de suppression de certains échelons administratifs territoriaux, le Conseil Général diffusera, dans son magazine " Reflets d'Allier " et dans différents lieux publics de son ressort, des cartons de protestation que les habitants de l'Allier seront incités à signer et à renvoyer. Estampillés " Touchez pas à mon département ", 200000 autocollants seront également distribués. Un courrier vient d'être envoyé à tous les maires du département afin de les alerter sur la situation et les inciter à faire en sorte que leur conseil municipal s'oppose à ce projet. Lors de la prochaine session du Conseil Général, une motion sera soumise au vote.
Entouré de ses dix vice-présidents, Jean-Paul Dufrègne a largement fustigé les dé-clarations de Nicolas Sarkozy : " Rien n'est dit mais on a fortement l'impression que les Départements sont les boucs émissaires de la crise. Nos institutions sont pointées du doigt comme responsables des déficits publics alors qu'on ne cesse de nous transférer de nouvelles compétences. Est-il normal que, pendant ce temps, le budget de l'Elysée augmente de 12% ? La cure doit être pour les autres, mais pas pour soi, c'est ça ? Non, aujourd'hui, le Président n'est plus crédible. "
Un rôle majeur
Les élus ont longuement rappelé l'importance d'une institution départementale, pre-mier partenaire financier des communes, mais aussi acteur de premier rôle de l'action sociale. Chaque année, le Département de l'Allier consacre 140 millions d'euros à l'enfance, aux personnes âgées, aux personnes handicapées, à l'insertion profession-nelle au RMI et bientôt au RSA. Le Conseil général participe également à l'entretien de 5200 kilomètres de routes départementales. Le développement économique et agricole, transport scolaire gratuit, et l'entretien des collèges relèvent également de ses compétences. " Supprimer les départements serait une catastrophe, car cela signifierait moins de démocratie participative. Aujourd'hui le conseiller général, comme le maire sont proches des gens et nous sommes les premiers interlocuteurs. " ajoutait Alain Denizot, maire d'Avermes et premier vice-président du Conseil Général.
La solution envisagée qui consisterait à n'avoir plus qu'un vice-président représentatif du département autour d'un président de Région les fait bondir. Jean-Paul Dufrègne se dit cependant " favorable à une clarification des rôles de chacun pour plus d'efficacité ". Mais il s'interroge sur les conséquences qui suivrait une suppression des échelons administratifs pour réaliser des économies : " Comment le service public va t'il être organisé après ? Qui financera tous les investissements que nous réalisons ? Nous savons bien qu'à chaque fois qu'on éloigne le service public des citoyens, on aboutit à un service rendu bien moins efficace et à un oubli total de certaines zones. "
Cindy ROUDIER
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La nécessité d'une mobilisation commune
Les élus vont faire en sorte de mobiliser les autres départements, de par leur appar-tenance à l'Association des Départements Français. Si les citoyens de l'Allier répondent favorablement à l'opération, toutes les pétitions signées seront transmises au Préfet de l'Allier et un rendez-vous sera demandé avec Alain Marleix, le secrétaire d'Etat à l'intérieur et aux Collectivités Territoriales. Le but est " de créer un rapport de force, comme le souligne le président du Conseil général de l'Allier. Si le gouvernement craint d'y perdre des plumes, il renoncera au projet. "
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