L'EIPAS en marche contre le stress
Fatigue, anxiété, agressivité, problèmes de mémoire et de concentration, baisse de productivité… Ne constituent que quelques-uns des nombreux symptômes du stress au travail. Afin d'anticiper ce mal devenu quasi-monnaie courante en entreprise, la toute nouvelle structure EIPAS se propose d'accueillir, d'informer et d'aider le public dès les prémices du problème. Mais l'Espace Investigation Prévention Accompagnement du Stress ne prétend pas se substituer aux structures existantes : " nous ne voulons pas marcher sur les plates-bandes de la médecine du travail - ou générale - des cellules psychologiques, des différentes associations… On n'apporte pas non plus de réponse sur les plans juridiques et médicaux. L'EIPAS ne constitue que le nouveau maillon d'une chaîne " tient à préciser sa présidente Denise Lanoir, médecin de formation. Elle présente d'ailleurs ces organismes comme des partenaires : " les personnes en dépression ou victimes de harcèlement, par exemple, sont réorientées vers les structures appropriées. Notre travail est d'intervenir auprès des personnes dès le départ, pour éviter qu'elles aillent plus mal. C'est une démarche assez novatrice, même expérimentale, car jusqu'ici il n'existait que des structures pri-vées. "
Les psychologues de l'EIPAS proposent trois angles d'intervention: en ateliers collectifs (5 euros la séance), par suivi personnalisé (30 euros) ou grâce à diverses formations existantes (gestion des conflits, des émotions, prévention de l'épuisement professionnel…) dans le milieu de l'entreprise. Soutenu par une charte respectant la confidentialité des entretiens et l'anonymat des patients, l'EIPAS veut également garantir la qualité de ses services en se référant à un conseil scientifique composé d'experts hospitaliers.
De moins en moins de solidarité
C'est dans le domaine du travail que le stress, telle une maladie contagieuse, trouve un terrain très favorable à son développement... " On sait que toutes les catégories professionnelles sont touchées, mais il y a des secteurs bien particuliers où on ne peut pas le dire, comme les policiers ou les pompiers. Il faut savoir dire que l'on est stressé. Il y a vingt ans, ce silence était généralisé à toutes les branches de travail " note Denise Lanoir. Sylvie Bournel et Catherine Verniers sont psychologues à l'EIPAS : " Le stress indique une perception de contraintes par rapport à des ressources " internes ", par exemple : " suis-je à la hauteur, apprécie-t-on mon travail ?… ", ou " externes " : manque de soutien social, d'autonomie, surcharge de travail ", explique Sylvie, en charge des formations en entreprise. " Nous enseignons des techniques d'affirmation de soi afin que les personnes puissent faire respecter leurs droits, mieux adapter leur comportement, gérer leurs émotions… " ajoute Catherine, qui gère les consultations personnalisées. " Des jeux de rôle, des exercices, des méthodes de relaxation sur plusieurs séances sont également proposés lors des groupes de travail. Les groupes de parole permettent quant à eux d'échanger, de mettre des " mots sur des maux ". On travaille beaucoup sur les automatismes de pensée qui conduisent souvent à de mauvais comportements ".
Souvent pointé du doigt, le difficile contexte économique et social dont les effets se propageraient comme un effet de dominos sur le moral des gens : " tout le monde est concerné, car il y a de moins en moins de solidarité. Pour se protéger, les personnes vont s'autocentrer, d'où un comportement plus individualiste ", conclut Catherine Ver-niers. Les premiers pas de l'EIPAS vont donc sans doute conduire la structure sur une voie très fréquentée…
Renseignements : 04 73 70 76 91 ou eipas@club-internet.fr
Aude HILY
|