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Michelin : innover pour assurer l'avenir
" TOUTES les grandes innovations du marché, des trente dernières années sont nées ici ", a expliqué Didier Miraton, cogérant du groupe Michelin. Le Manufactu-rier a invité cent cinquante journalistes du monde entier pour une journée au centre de technologie de Ladoux, afin de leur exposer la stratégie d'innovation du groupe.
" Actuellement, 900 millions de véhicules circulent dans le monde, et ils seront 1,5 milliard dans vingt-cinq ans. Quand leur nombre aura doublé, nous diviserons par deux la consommation d'énergie. On n'en consommera donc pas davantage, et nous réduirons la distance de freinage, et améliorerons aussi la sécurité et la longévité des pneus. On les allègera, ce qui nécessitera moins de matières premières, et nous diviserons le bruit de roulement par deux ou par trois "…
Michelin a présenté des produits récents issus de ses quatre secteurs principaux d'activités : automobile, poids-lourd, génie civil et agriculture. Dans la première catégo-rie, le pneu " Energy Saver " permet d'économiser près de 0,2 litres de carburant, tous les cent kilomètres, par rapport à la moyenne de ses principaux concurrents. Des éco-nomies, qui selon Michelin, représentent le prix d'un pneu sur quatre. Il freine aussi plus court, et économise 4 G. de CO2 à chaque kilomètre parcouru.
Déjà les pneus de demain
Avec les pneus poids-lourds " Energy Savergreen ", Bibendum annonce mille litres de gazole économisés, 2,5 tonnes de CO2 non rejetées dans l'atmosphère et 7% d'adhérence en plus, par camion, et au cours de la première vie du pneu (avant recha-page). Des arguments de poids pour les flottes des transporteurs, rendus possible grâce à la technologie Energy flex. Il s'agit en fait d'une toute nouvelle carcasse qui réduit la température de fonctionnement, et donc consomme moins d'énergie.
Pour les agriculteurs Michelin a mis au point la technologie Ultraflex, qui limite le tassement des sols, génère des économies de carburant et de temps.
A 60.000 dollars l'unité, Michelin vous livre à domicile son pneumatique 59/80R63 XDR. Le fameux " 63 pouces ", utilisé dans les grandes mines à ciel ouvert d'Amérique latine ou d'Afrique, et il en faut six par camion. Ce pneu de génie civil pèse plus de 5 tonnes, mesure 1,5 m. de large et son diamètre dépasse les 4 mètres. La gomme utilisée pourrait fabriquer 600 pneus pour automobiles, et le camion équipé affiche un poids total en charge de 600 tonnes, soit le poids d'un Boeing.
Pour ses pneumatiques hors normes, de génie civil, Michelin a développé en 2006 un dispositif de surveillance électronique de la température et de la pression des pneus : le MEMS- Michelin earthmover management system. Il permet d'effectuer les contrôles en temps réel, et prévient d'une éventuelle surchauffe ou perte de pression
Plus de six mille personnes travaillent dans le monde, pour la recherche, le dévelop-pement et l'industrialisation. Au centre de Ladoux, sur les 450 hectares situés entre Clermont-Ferrand et Riom, dix-neuf pistes routières sont vouées aux essais d'adhérence, de bruit, de confort, d'endurance, et de comportement, sous le contrôle de 3.200 chercheurs. D'autres centres existent en Espagne, aux Etats-Unis, en Chine, au Japon, et en ThaÏlande. Michelin investit six cents millions d'euros chaque année pour ses activités de recherche. La tendance actuelle est à l'accélération des innovations. Bibendum met en effet la pression sur les équipes de chercheurs, qui ont reçu consigne de diviser par deux, d'ici à 2010, les délais de mise sur le marché des nouveaux pneus et services.
Jean-Jacques ARENE
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Michelin en Inde
Didier Miraton a annoncé l'implantation prochaine en Inde de la première usine de pneumatiques. Au total, une dizaine d'unités sont prévues. La localisation du premier site n'est pas encore retenu, mais on y fabriquera des pneus poids-lourd, et génie civil, à destination de l'Inde et de l'Asie. L'Inde, la chine et le Brésil sont aujourd'hui des zones stratégiques pour l'avenir de Michelin.
Et en Auvergne ? Les co-gérants l'ont confirmé : il n'y a pas de plan qui touche à l'emploi en Auvergne. " Connaissez-vous beaucoup de villes de province qui ont le siège social d'un des plus grands groupes mondial, et son principal centre de re-cherches ? Clermont-Ferrand a beaucoup de chance.
Vous savez le succès vient toujours de efforts de tous ", a déclaré Michel Rollier, premier cogérant. Evoquant la crise : " Nous gérons les variations conjoncturelles de la crise dans le cadre de nos ressources propres ".
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