Du rififi rue de Bouy
" ON ne veut pas faire de politique polémique " assure Christiane Jalicon. " Mais on est contre les mauvais projets d'urbanisme ". Le projet en question se déroule rue de Bouy, dans le quartier de Champradet. La construction de sept logements sociaux met en émoi sa présidente de comité, affiliée UMP, ainsi que nombre de ses habitants. Ces maisons individuelles suppriment en effet de facto une parcelle de ter-rain qui permettait le stationnement d'une soixantaine de voitures. En outre, les rési-dents déplorent ce qu'ils considèrent comme un mépris du cadastre ancien. " Nous voulions créer un vrai cœur de quartier ici, avec une " petite place de Bouy ", un mar-ché ou un square, qu'il y ait de l'animation " poursuit Christiane Jalicon. Propriétaire dudit terrain depuis près de cinquante ans, l'OPHIS a vu ses travaux stoppés net en 2005, année où le projet de construction a débuté. Cause principale : le recours des tiers déposé devant le tribunal administratif par certains habitants du quartier dans le but de faire annuler le permis de construire… Ses initiateurs ont été déboutés.
" Nous avons organisé des réunions de concertations avec les riverains " se défend Anne-Christine Branche, chargée de communication à l'OPHIS. " Nous sommes toujours à l'écoute des préoccupations des gens et essayons d'y répondre le mieux possible ". L'Office Public de l'Habitat et de l'Immobilier Social s'est ainsi proposé de remplacer les places de parking par douze garages accessibles aux habitants de la résidence Fallières. La Ville s'est chargée quant à elle de créer des stationnements gratuits le long de la rue de Bouy et d'y intégrer des arbres.
" Trop de densification des quartiers "
Qu'espèrent alors aujourd'hui les membres du comité maintenant que les logements sont sortis de terre ? " On a réussi à freiner les travaux ces dernières années. Maintenant que c'est là, on invite les gens à venir voir ce qui se passe ici. C'est un petit projet, mais il est significatif de la densification qui a lieu de plus en plus dans cette ville. On ne veut pas tout bétonner ! On parle d'environnement et là on bouche tout. Les jeunes auront à en pâtir. " En ce qui concerne les nouveaux locataires, Christiane Jalicon ne joue pas la carte de l'optimisme quant à leur arrivée prochaine : " on va les accueillir et leur proposer d'adhérer au comité, mais vous croyez que c'est bon pour ce lien social dont on nous parle tout le temps ? Ca ne va pas être facile ! Il y aura forcément des problèmes… " ajoute-t-elle, faisant référence notamment à la proximité immédiate des habitats de l'OPHIS avec les maisons avoisinantes. " Est-ce qu'il y a tant de gens à loger que ça, qui dorment sous les ponts ? " renchérit Dominique Dumont, présidente de l'Union des habitants de Trémonteix, venue soutenir le mouvement. " On pouvait faire ça ailleurs, ou s'arranger avec le privé. Mais est-ce qu'on avait besoin de faire des horreurs pareilles ? Ca défigure le quartier… " Pour l'heure, les travaux devraient prendre fin d'ici à la fin de l'année.
Aude HILY.
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